BD : « Elinor Jones » de Algésiras et Aurore

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Elinor Jones #1 Le bal d’hiver ; #2 Le bal de printemps ; #3 Le bal d’été
Autrice et illustratrice : Algésiras et Aurore
Type : Bande-dessinée
Genre : Drame, Tranche-de-vie
Éditions : Soleil (2010)
Série terminée en 3 tomes.

➔ La maison de couture Tiffany crée des robes pour les ladies les plus fortunées d’Angleterre. Elinor n’en revient pas d’avoir été embauchée : désormais, elle sera sous les ordres de Bianca, la célèbre jeune prodige ! Mais Elinor doit s’adapter rapidement. Ici, on fabrique du sur-mesure pour mesdames les baronnes et duchesses ! Et Mrs Tiffany mise toute sa réputation sur d’incroyables bals, pour lesquels les costumes des invités sont réalisés sur mesure. Elinor se rend vite compte que travailler pour les Tiffany n’est pas aussi idyllique qu’elle le pensait et que le manoir recèle bien des tensions et des secrets…

3.5 heartsUne trilogie très sympathique, mais qu’on aurait aimé plus longue !

>> Elinor Jones figurait dans ma liste de BD à absolument découvrir depuis un bon moment. Cette trilogie me faisait de l’oeil de par son synopsis, son contexte historique (ère Victorienne, bonjour) et enfin pour les sublimes dessins d’Aurore Demilly, qui ravissent superbement mes yeux. J’ai dévoré les trois tomes en une soirée et autant dire que je n’ai pas été déçue dans l’ensemble !

J’ai beaucoup appréciée l’histoire, qui nous emmène dans l’univers de la manufacture couturière. Notre héroïne vient tout juste d’être embauchée par la maison de couture Tiffany, la plus en vogue d’Angleterre. On immerge dans ce quotidien de travail acharné, composé de fils, d’aiguilles et de robes faites sur mesure. C’est intéressant et plaisant à suivre. On apprend à connaître petit à petit chacun des personnages qui gravitent autour d’Élinor. Rapidement, on sent que beaucoup de secrets et non-dits planent autour des Tiffany et de leur domaine, mais également autour d’Élinor qui a un comportement assez étrange… Cela apporte à l’histoire un léger voile d’ombre et de mystère, et c’est loin d’être désagréable. On pense que l’intrigue et les rebondissements sont cousus de fil blanc (contente de l’avoir placée celle-là) avec le premier tome, mais la suite m’aura vite détrompée. Le récit ne prend pas forcément la direction à laquelle on s’attend. Ayant été spoilée du plus « gros » événement de cette trilogie, je n’ai pas été surprise par le final (je pense que je l’aurais été si on ne m’avait rien dit par contre), mais cela n’en a pas moins été émouvant.

t1_elinor_jones_p06Concernant les personnages, j’ai beaucoup appréciée Élinor qui, malgré ses faiblesses et ses démons, s’implique corps et âme dans son travail sans jamais se plaindre. Je l’ai trouvé touchante, douce et attachante. Petit coup de coeur aussi du côté des couturières avec Siam et Lodie, qui nous font passer un beau message sur la perception de la beauté. Je n’aimais pas Abel et appréciait Bianca au départ, mais l’inverse s’est rapidement mise en place ahah. Dans l’ensemble, on s’attache a pas mal de protagonistes, du moins autant que le format nous le permet.

D’ailleurs, le seul défaut que j’ai trouvé à cette série c’est justement ce dernier. D’un côté il est explicable, mais de l’autre tellement de points de l’intrigue et de personnages méritaient un développement plus approfondit ! Avec plus de tomes, l’intensité émotionnelle de l’histoire aurait pu être décuplée. Émotions mis à part, même un peu plus de péripéties et d’aventures n’auraient pas été de trop. Enfin, cela aurait peut-être permis d’amener plus lentement les événements finaux, car tout va quand même un peu vite. On est un peu pris au dépourvu et, pour ma part, je crois qu’un point m’a échappé. Un personnage fait un sous-entendu à la dernière page du tome 3, sauf que je n’ai pas compris où il voulait en venir… enfin bon, cela n’est pas non plus primordial et gênant à la compréhension de l’histoire, ni à son appréciation !

eli40.jpgMalgré ce problème de rythme et de format, j’ai quand même passé un super moment à suivre le quotidien d’Élinor, des Tiffany et de tous les employés de la maison de couture. Une BD que je relirais avec plaisir et conseillerait joyeusement autour de moi à tous ceux qui ont envie de lire un récit de ce genre, sans non plus se lancer dans une série longue. Comme dit plus haut, j’ai aussi a-do-ré les dessins et colorisations de cette BD ! Bref, un petit coup de coeur malgré tout ;).

 

Pour aller plus loin (cette rubrique m’a été inspirée par le blog Le Poisson Lanterne) :

MANGAS : Si vous aimez l’univers de la c0a3c9308f0b429c587a57b883678781couture et du stylisme, je vous conseille fortement la série en cinq tomes Paradise Kiss de Ai Yazawa (un josei, conseillé à partir de 15/16 ans). On y suit une jeune fille  sérieuse et studieuse qui se retrouve embarquée par des étudiants en école d’art dans la préparation de leur futur défilé de mode. Une pépite mangatesque !

Roman : « La belle étoile », de Cathy Cassidy

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TITRE ORIGINAL : Dizzy
AUTRICE : Cathy Cassidy
PARUTION VO/VF : 2004/2018
GENRE(S) : Tranche-de-vie
CATÉGORIE : Roman jeunesse 10+
THÈMES : Famille, parent absent, préjugés, gens du voyage…
PAGES : 255 (Broché, Nathan 2018)

➔ Dizzy avait 4 ans lorsque sa mère est partie vivre à Katmandou, la laissant seule avec son père. Elle ne l’a pas revue depuis, mais chaque année sa mère lui envoie une lettre ou un cadeau pour son anniversaire. Le jour de ses 12 ans, Dizzy attend donc le courrier avec impatience et reçoit… la visite d’une drôle de femme hippie : sa mère. La jeune fille est bouleversée, d’autant que sa mère lui propose de partir avec elle, faire la tournée des petits festivals de musique. Son père s’y oppose. Mais Dizzy grimpe tout de même avec quelques affaires dans le camion bariolé de sa mère, direction l’aventure au grand air…

4 heartsUn roman immersif, percutant et touchant comme l’autrice sait si bien les écrire.

>> Une fois de plus, j’ai adoré ce roman de Cathy Cassidy. On y fait la connaissance de Dizzy, 12 ans, qui voit sa mère réapparaître du jour au lendemain, huit ans après son départ de la maison. Cette dernière espère pouvoir la réintégrer dans sa vie. Au programme : virées en Van, vie en communauté et squat de festivals de musique… l’occasion pour Dizzy de découvrir de nouveaux horizons et tenter de nouer des liens avec sa maman disparue, pour le meilleur comme pour le pire…

 La belle étoile met en avant un petit groupe de gens du voyage. C’est un mode de vie particulier et souvent victime de discrimination à cause des préjugés qu’il y a à leur encontre. Tout comme notre jeune adolescente qui découvre cet univers pour la première fois, on immerge dans un quotidien atypique, spontané et affranchi de contraintes. Les voyageurs sont des individus aussi libres d’esprits que de mouvements. C’est le côté attrayant de la médaille. Hors, on comprend vite que ce n’est pas forcément un mode de vie rêvé, ni toujours simple. Loin de porter jugement sur cette communauté, l’autrice se contente de dépeindre leur monde sous le regard d’une petite fille qui, jusque là, était sédentaire et totalement étrangère à cet univers. Je suis ressortie de ma lecture le coeur un peu serré, mais aussi l’esprit affuté, comme si j’avais moi aussi « voyagé ».

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Cathy Cassidy, deuxième personne à gauche.

J’ai apprécié le fait que rien ne soit remis en cause dans ce livre, ni les sédentaires, ni les gens du voyage. Je suis ressortie de ma lecture avec l’impression que certaines personnes sont plus faites pour un type de vie et d’autre non. La mère de Dizzy illustre parfaitement cet exemple : un peu comme la mère de Jude dans Rose Givrée (autre roman de l’autrice), elle est une « mère imparfaite ». On ne doute pas qu’elle aime sa fille, simplement elle semble tenir encore plus à sa liberté. On peut clairement le lui reprocher, mais au final c’est sa façon d’être envers et contre tout, personne ne peut rien y faire… Quant à Sam Taylor, jeune adolescent ayant toujours vécu en milieu voyageur, il nous montre bien que c’est une façon de vivre à laquelle on peut s’accoutumer et apprécier, sans pour autant partir à la dérive. Alors, oui, vous me direz que ce personnage est avant-tout là pour passer un message aux plus jeunes lecteurs, illustrer une sorte de « bon exemple » afin de ne pas les encourager à devenir de futurs fumeurs de joints qui se contenteront de rêver et de « fuir » au lieu de se prendre en main. C’est vrai. Néanmoins, je pense que ce serait un fort préjugé de penser que tous les gens du voyage sont effectivement de simple fumeurs fuyards (belle allitération) et sans motivation. Je ne doute pas que des Sam Taylor existent, ou au moins des entre-deux.

dizzy_by_Zainah__age_12On est toujours dans un récit doudou et cocon, mais qui met en scène des personnages réalistes, diversifiés et fait passer des messages adultes. Dizzy est une jeune fille touchante et gentille, qui va malheureusement se laisser berner par une mère ne prenant pas son rôle très au sérieux, profitant de sa naïveté et de ses sentiments. Elle n’émet aucun jugement sur le monde qu’elle découvre, mais nous fait part habilement des choses qui lui plaisent et lui déplaisent. Sam Taylor est un garçon touchant, débrouillard et adorable comme tout. Des « petits princes » de Cathy Cassidy, il est clairement l’un de mes favoris. Je n’ai même pas évoqué Mouse, ce tout petit garçon déjà traumatisé par la vie à sept ans. C’est un personnage vraiment spécial, à la fois déchirant, attachant et tristement réel. Il sera le héros principal du prochain tome de ce dyptique, intitulé L’étoile rebelle et dont la sortie est prévue en juin 2018. J’ai déjà hâte de découvrir cette suite !

La belle étoile est donc un récit jeunesse percutant et très touchant, tout en restant une lecture détente, simple et mignonne comme tout. Une vraie petite friandise pour petits et même pour plus grands ! Cathy Cassidy nous démontre une fois encore que les récits pour pré-ados peuvent être intelligents et n’abordent pas forcément des sujets superficiels. Après l’anorexie, le cyber-harcèlement, l’alcoolisme et le deuil, elle nous emmène dans le quotidien d’une minorité sociale avec peu de moyens, souvent mal jugée et évoque assez rapidement le thème de la drogue. Bref, une vraie Reine du genre à mes yeux !

Mangas : « Good morning little Briar-Rose » et « Tue-moi plutôt sous un cerisier »

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Titre : Good Morning Little Briar-Rose
Titre VO : Ohayou, Ibarahime
Auteure : Megumi Morino
Type : shojo (12+)
Genre : Romance, tranche-de-vie
Éditions VF : Akata (2017)
Série en 6 tomes

Parce qu’il souhaite prouver à son père qu’il pourra arrêter ses études à la sortie du lycée, le jeune Tetsu a commencé à travailler comme employé de maison pour la prestigieuse famille Karasawa. Dans la demeure surnommée « la maison au sommet de la colline », le lycéen se doit de respecter une seule règle : ne surtout pas s’approcher de la petite annexe du jardin, dans laquelle réside cloîtrée la jeune fille malade de la famille Karasawa. Pourtant, un jour, son regard croisera celui de la mystérieuse Shizu. Aussitôt attiré par son sourire empli de tristesse, Tetsu se permet alors de braver l’interdit… Il ne s’imagine pas encore les nombreux secrets qui entourent la jeune fille. Qui est-elle vraiment ?

3 heartsUn début sans prétentions, mais prometteur.

>> Un shojo qui commence de manière assez classique, mais alors qu’on pense avoir compris ce qui se passait, l’autrice arrive à nous surprendre. Enfin qu’à moitié me concernant, car j’avais déjà lu une histoire avec des personnages semblables à Shizu. Ces derniers sont bien introduits, mais pas encore assez développés. Tout s’enchaîne assez vite, au point que j’ai eu le sentiment que la relation entre Tetsu et Shizu avait évolué trop rapidement, mais on nous dit en fait que, par moments, plusieurs mois s’écoulent. Le développement de l’intrigue reste correcte et je suis curieuse de découvrir ce qui va se passer dans le second tome. Ce n’est pas un coup de coeur par contre et je pense que le prochain volume sera décisif au fait que je poursuive ou non cette hexalogie.

 

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Titre : Tue-moi plutôt sous un cerisier
Titre VO : Korosareru nara, Isso Sakura no Ki no Shita de
Auteure : Hina Sakurada
Type : shojo (12+)
Genre : Drame, Romance
Éditions VF : Akata (2017)
One Shot (=1 tome)

«Fuis !» Voilà l’étrange SMS reçu au réveil par Yukino, jeune lycéenne, de la part de Saho, sa meilleure amie. Sans en comprendre le sens, elle se rend au lycée, comme tous les jours. Mais elle constate alors avec horreur que Saho s’est suicidée, pendant la nuit… laissant pour seul testament un tweet nébuleux : «Yukino est cruelle». Dès lors, l’engrenage est lancé, et Yukino est accusée d’être responsable de la mort de sa propre amie. Tandis qu’une enquête s’ouvre pour éclaircir les circonstances du décès de Saho, Yukino doit faire face à un nouveau quotidien d’exclusion. Elle pourra heureusement compter sur le soutien de Tatewaki, le petit ami de Saho.

3 heartsCorrecte pour un OS, mais on aurait voulu bien plus.

>> Une histoire sombre à l’ambiance particulière. Les personnages ressemblent un peu à des poupées/BJD « Dal », ce qui accentue le côté glauque de l’intrigue. On accroche ou pas du tout je pense. Pour ma part j’adore, donc pas de problème. L’histoire était vraiment prometteuse et aurait franchement mérité de se développer plus sérieusement, en 3 ou 4 tomes. Il y avait de très bonnes idées et, surtout, ça aurait été vraiment bien qu’on développe les personnages, leurs relations, ainsi que la portée des réseaux sociaux dans l’histoire. Le symbole du cerisier est aussi trop peu présent. On pense qu’il va être important, mais en fait il est un peu mit de côté. On nous le ressort dans le chapitre bonus, mais cela ne suffit pas à mon goût. C’est vraiment dommage que tout ça n’ai pas été étendu en plusieurs volumes, parce que du coup le rendu final est assez moyen, mais disons acceptable pour un One Shot. Cela met d’abord l’eau à la bouche, mais on n’a pas l’impression d’être remplit comme il faut en ayant terminé. On en voudrait plus ahah ! Si l’auteure se lance dans une série « longue » du même style, je serais sûrement de la partie.

 

Lecture : « Rose Givrée » de Cathy Cassidy

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Titre original : Sundae Girl
Parution VO/VF : 2007/2017
Type : littérature jeunesse (10+)
Genres : tranche-de-vie, drame
Thèmes : famille, addiction, romance
Pages : 246 (grand format)

Jude, 13 ans, rêve d’une vie discrète et sans ennuis, ce qui est très difficile quand on a une famille comme la sienne : un peu givrée et très embarrassante. Son père est capable de débarquer à une réunion parents-profs déguisé en Elvis Presley, et sa mère perd régulièrement les pédales. Alors, de peur que tout ça ne se sache, Jude refuse de laisser quiconque entrer dans sa vie, en particulier Carter, ce garçon qui s’évertue à être gentil avec elle. Mais quand la situation déraille vraiment, Jude découvre que rien ne vaut l’aide de ceux qui vous aiment, et que même son cœur de glace est capable de fondre…

06Roman coup de coeur

MON AVIS : Depuis que j’ai découvert la saga des Filles au chocolat, je guette toujours avec impatience la sortie d’un nouveau roman de Cathy Cassidy en France. C’est clairement l’une de mes autrices jeunesse chouchoute avec l’écrivaine française Anne-Marie Desplat-Duc.

Quand j’ai appris la sortie de Rose Givrée, j’étais donc impatiente de découvrir ce nouveau titre. Je me disais que j’aurais sûrement le droit à une petite lecture mignonne et légère pour l’été, douce et acidulée comme elle sait si bien les écrire.

En effet, on comprend avec la quatrième de couverture que l’héroïne, Jude, est complexée par sa famille qu’elle trouve un peu extravagante. J’avoue que je m’attendais avec ça à 1) trouver Jude un peu agaçante, car j’étais persuadée que ses parents seraient du type « super cools » malgré leur côté un peu ridicule, puis 2) à ce que l’histoire prenne une dimension plutôt légère et douce, voir un peu comique.

Il est vrai aussi que Cathy a pour habitude d’aborder des thèmes « sérieux » et compliqués dans la plupart de ses romans (l’anorexie dans Coeur Mandarine, le cyber-harcèlement dans Coeur Vanille..), mais j’avoue que je ne m’attendais pas à retrouver de cela dans Rose Givrée… qu’elle fût donc ma surprise en découvrant l’ouvrage !

Rose Givrée est en fait un titre bouleversant. Je ne vous en dirais pas plus, mais après une petite introspection innocente et mignonne dans la vie de Jude et de sa famille en guise d’introduction, on finit vite par comprendre que le récit va prendre un ton un peu plus grave au fil des pages… le roman évoque ainsi un sujet très sensible, actuel et réaliste, malheureusement. Je m’attendais à tout sauf à ça. Pourtant, je la connais bien ma Cathy, j’aurais dû m’en douter ahah ! Rose Givrée m’a réellement prise aux tripes bien comme il faut. Jusque là, Aux délices des anges restait numéro un de mon podium de ses one shots, même si j’avais adoré aussi Rouge bonbon pour son héroïne atypique. Rose Givrée aura réussi à le détrôner. C’est un récit puissant dans lequel l’émotion et les personnages sont à leur paroxysme au niveau intensité et crédibilité.

Jude est une jeune fille un peu effacée, discrète, mais elle se sent bien comme elle est, n’étant pas du genre extravertie contrairement à sa famille. C’est un personnage que j’ai trouvé très attachant et surtout très fort pour son âge. Sa relation avec sa mère, autre personnage emblématique du roman, m’a totalement chamboulée, tout comme cette dernière d’ailleurs. La mère de Jude est un personnage vraiment spécial et tout le long de l’histoire, on ne sait que penser d’elle. On la plaint, on la déteste parfois, mais on la trouve aussi attachante quand elle essaye de faire des efforts… L’intensité dramatique ne fait que grimper au fil du roman. J’avoue avoir eu peur que Cathy se fixe une limite et n’aille pas trop loin dans ses propos, mais finalement elle est allée jusqu’où je l’espérais. Cela m’a fortement plu, même si ça reste bouleversant. Rose Givrée va vraiment permettre aux plus jeunes lecteurs de comprendre et de réfléchir sur un fait de société actuel et qui finit souvent par être destructeur sur plusieurs niveaux. En tant qu’adulte, il peut -je pense- permettre une introduction au sujet pour ceux qui ont du mal à le comprendre, le gérer où l’accepter.

Un petit mot sur la romance, car on n’y échappe pas non plus avec Cathy. J’étais restée sur ma faim avec Rouge Bonbon, qui jusque là a été le seul de ses livres à ne pas m’avoir convaincue à ce niveau. L’histoire aurait pu largement s’en passer et je l’avais trouvé un peu trop caricaturale. Dans Rose Givrée, elle ne m’a heureusement pas gênée, au contraire même ! Carter est un garçon adorable, qu’on sent très attaché à Jude bien que cette dernière repousse ses avances. Ce dernier n’en démord pas pour autant et sera d’un grand soutient pour notre jeune fille. J’ai vraiment adoré ce personnage. Leur relation n’est d’ailleurs pas « purement » une romance et j’ai aimé que le sujet reste assez secondaire, ne prenant pas trop de place par rapport à l’action centrale du récit. Pour ce livre, le niveau est donc discret et bien dosé, sans en faire trop. Pile ce qu’il fallait !

Rose Givrée est donc un livre fort que je n’attendais pas au tournant. Bien que je sois toujours attendrie par les oeuvres de Cathy, là j’ai carrément était touchée en plein coeur, si bien qu’à la fin de l’histoire j’avais presque les larmes aux yeux. Sincèrement. Je ne pensais vraiment pas que cela arriverait un jour, mais Cathy a réussi. Plus jamais je ne douterais de ses capacités ahah ! Si jusque là vous hésitiez à découvrir cette autrice, je ne peux que vous encourager à commencer avec ce livre. Vous aurez ainsi un concentré direct et parfait de tout son talent. Elle écrit vraiment comme personne, avec son style, ses idées et ses personnages bien à elle, s’inspirant de jeunes personnes de son entourage pour écrire ses histoires, ce qui contribue certainement à les rendre si touchantes et réalistes. Rose Givrée est pour moi son meilleur one shot à ce jour, ou du moins le plus émouvant. Le prochain est prévu pour octobre 2017 et je n’ai qu’une hâte : d’y être !

Et vous, quelle roman de l’autrice avez-vous préférez et pourquoi ?
Auriez-vous envie de lire celui-ci, si ce n’est pas déjà fait ?