Roman : « Eleanor Oliphant va très bien », de Gail Honeyman.

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TITRE ORIGINAL : Eleanor Oliphant is completely fine
AUTRICE : Gail Honeyman
PARUTION VO/VF : 2017
GENRE(S) : Comédie, drame, tranche-de-vie
CATÉGORIE : Roman contemporain
THÈMES : Humour, anxiété sociale, sarcasme, dépression, amitié, famille…
PAGES : 434 (Broché, Fleuve 2017)

➔ Eleanor Oliphant est un peu spéciale. Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages.  Fidèle à sa devise  » Mieux vaut être seule que mal accompagnée « , Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec maman.  Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir l’objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. En naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec maman, Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d’un ami…

4.5 heart

Une petite pépite livresque drôle, touchante et qui fais du bien !

>> Le service-presse d’Eleanor Oliphant traînait sur un pupitre à mon lieu de travail. Intriguée par son résumé, c’est un peu par hasard que je me suis lancée dans cette lecture. Comme quoi ce dernier fait parfois bien les choses, sinon je serais passée à côté d’une lecture géniale !

Ce roman a tout simplement « refais ma journée » au moment où je l’ai lu. C’est un titre qui, d’abord, m’a fait beaucoup rire et sourire. Eleanor est vraiment un personnage atypique : râleuse, antisociale, portée sur la boisson, en pleine crise identitaire, intelligente et sarcastique… mais qu’est-ce qu’elle est drôle malgré elle ahah ! Parfois elle amuse, parfois elle exaspère, mais c’est un personnage si entier ! Je l’ai trouvé particulièrement attachante, aussi bien pour ses défauts que ses qualités et malgré ses petites lubies. Bien que j’aie été franchement amusée par sa marginalité et son côté asocial, j’ai plus encore aimé son évolution au fil du roman.

En effet, Eleanor va avoir l’occasion de remettre en question sa vie actuelle, son comportement et, surtout, tenter de faire la paix avec elle-même et le reste du monde. Ses tribulations se suivent avec délice et intérêt. Edmond est un personnage fantastique et j’ai plus qu’adoré sa présence auprès d‘Eleanor, car notre héroïne va beaucoup changer à son contact. C’est frais, drôle et, surtout, ça fait du bien ! Et si vous vous attendiez à une simple tranche-de-vie banale et sans surprises, détrompez-vous ! Eleanor Oliphant est accentué d’une petite touche de drama : une ombre plane en effet sur notre héroïne, à l’origine de beaucoup de problèmes et en grande partie de ce qu’est devenue Eleanor. La jeune femme va ainsi devoir faire face à ses démons, dont certains dont elle ne soupçonnait pas -ou ne voulait pas admettre- l’existence. Préparez-vous donc à rire, mais également à être émus et même surpris avec un final qu’on ne voit pas forcément venir.

En bref, Eleanor Oliphant va très bien est une tranche-de-vie à la fois drôle et grave, torturée et optimiste. Un roman qui touche autant qu’il amuse et fait du bien ! Cette lecture aura marquée mon année, en plus d’avoir réellement su me surprendre. Je ne suis pas prête d’oublier cette héroïne si peu commune tant j’ai été marquée aussi bien par son caractère que ses aventures. C’est un roman qui apaise et exorcise, tout en étant follement distrayant et savoureux. Je le recommande donc à un maximum de personnes, si vous voulez vous changer les idées ou simplement faire la connaissance d’un personnage atypique, socialement décalé et tout en nuances. Gros coup de coeur de 2017 !

Mangas : « Good morning little Briar-Rose » et « Tue-moi plutôt sous un cerisier »

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Titre : Good Morning Little Briar-Rose
Titre VO : Ohayou, Ibarahime
Auteure : Megumi Morino
Type : shojo (12+)
Genre : Romance, tranche-de-vie
Éditions VF : Akata (2017)
Série en 6 tomes

Parce qu’il souhaite prouver à son père qu’il pourra arrêter ses études à la sortie du lycée, le jeune Tetsu a commencé à travailler comme employé de maison pour la prestigieuse famille Karasawa. Dans la demeure surnommée « la maison au sommet de la colline », le lycéen se doit de respecter une seule règle : ne surtout pas s’approcher de la petite annexe du jardin, dans laquelle réside cloîtrée la jeune fille malade de la famille Karasawa. Pourtant, un jour, son regard croisera celui de la mystérieuse Shizu. Aussitôt attiré par son sourire empli de tristesse, Tetsu se permet alors de braver l’interdit… Il ne s’imagine pas encore les nombreux secrets qui entourent la jeune fille. Qui est-elle vraiment ?

3 heartsUn début sans prétentions, mais prometteur.

>> Un shojo qui commence de manière assez classique, mais alors qu’on pense avoir compris ce qui se passait, l’autrice arrive à nous surprendre. Enfin qu’à moitié me concernant, car j’avais déjà lu une histoire avec des personnages semblables à Shizu. Ces derniers sont bien introduits, mais pas encore assez développés. Tout s’enchaîne assez vite, au point que j’ai eu le sentiment que la relation entre Tetsu et Shizu avait évolué trop rapidement, mais on nous dit en fait que, par moments, plusieurs mois s’écoulent. Le développement de l’intrigue reste correcte et je suis curieuse de découvrir ce qui va se passer dans le second tome. Ce n’est pas un coup de coeur par contre et je pense que le prochain volume sera décisif au fait que je poursuive ou non cette hexalogie.

 

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Titre : Tue-moi plutôt sous un cerisier
Titre VO : Korosareru nara, Isso Sakura no Ki no Shita de
Auteure : Hina Sakurada
Type : shojo (12+)
Genre : Drame, Romance
Éditions VF : Akata (2017)
One Shot (=1 tome)

«Fuis !» Voilà l’étrange SMS reçu au réveil par Yukino, jeune lycéenne, de la part de Saho, sa meilleure amie. Sans en comprendre le sens, elle se rend au lycée, comme tous les jours. Mais elle constate alors avec horreur que Saho s’est suicidée, pendant la nuit… laissant pour seul testament un tweet nébuleux : «Yukino est cruelle». Dès lors, l’engrenage est lancé, et Yukino est accusée d’être responsable de la mort de sa propre amie. Tandis qu’une enquête s’ouvre pour éclaircir les circonstances du décès de Saho, Yukino doit faire face à un nouveau quotidien d’exclusion. Elle pourra heureusement compter sur le soutien de Tatewaki, le petit ami de Saho.

3 heartsCorrecte pour un OS, mais on aurait voulu bien plus.

>> Une histoire sombre à l’ambiance particulière. Les personnages ressemblent un peu à des poupées/BJD « Dal », ce qui accentue le côté glauque de l’intrigue. On accroche ou pas du tout je pense. Pour ma part j’adore, donc pas de problème. L’histoire était vraiment prometteuse et aurait franchement mérité de se développer plus sérieusement, en 3 ou 4 tomes. Il y avait de très bonnes idées et, surtout, ça aurait été vraiment bien qu’on développe les personnages, leurs relations, ainsi que la portée des réseaux sociaux dans l’histoire. Le symbole du cerisier est aussi trop peu présent. On pense qu’il va être important, mais en fait il est un peu mit de côté. On nous le ressort dans le chapitre bonus, mais cela ne suffit pas à mon goût. C’est vraiment dommage que tout ça n’ai pas été étendu en plusieurs volumes, parce que du coup le rendu final est assez moyen, mais disons acceptable pour un One Shot. Cela met d’abord l’eau à la bouche, mais on n’a pas l’impression d’être remplit comme il faut en ayant terminé. On en voudrait plus ahah ! Si l’auteure se lance dans une série « longue » du même style, je serais sûrement de la partie.

 

Roman : « Les cinq lettres du mot coeur » de Cathy Cassidy

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Titre original : Broken heart club
Autrice : Cathy Cassidy
Parution : 2016 (VO) / 2017 (VF)
Type : Roman jeunesse
Genre(s) : drame, tranche-de-vie
Thèmes : Enfance, amitié, adolescence…
Pages : 304 (Broché, Nathan)

Carrie, Omisha Eden, Uma et Ryan sont inséparables comme les cinq doigts de la main, ou comme les cinq lettres du mot « coeur » que forment les initiales de leur prénom. Mais après une violente dispute, leur groupe est brisé. Même Eden et Ryan, qui étaient amoureux en secret, ne se parlent plus…. est-il vraiment trop tard, deux ans après, pour recoller les morceaux de l’amour et de l’amitié ?

4 heartsEncore une belle oeuvre de la « Queen Cassidy » !

>> Inutile de vous préciser que je me suis littéralement jetée sur le nouveau roman de Cathy Cassidy à sa sortie ? Cette autrice jeunesse est l’une de mes préférées. J’ai eu un coup de pratiquement pour coeur chacun de ses livres. Les 5 lettres du mot coeur n’a pas échappé à la règle !

Avec un résumé pareil, je m’attendais à une histoire profonde et touchante sur l’amitié et son évolution au fil du temps. Peut-on réparer des liens brisés ? Le roman a su répondre à mes attentes, en allant même un petit peu plus loin. Je ne rentrerais pas dans les détails à ce propos, car j’estime que cela serait dommage. En tout cas, je m’attendais à de l’émotion , mais j’ai eu droit à un récit plus profond et dramatique qu’il n’y parait (c’est souvent le cas avec l’autrice en fait ahah). J’avoue que j’ai rapidement deviné ce qu’il en était, mais cela n’enlève pas le fait que je ne m’attendais pas à trouver ça dans cette histoire. C’est un récit qui, petit à petit, m’a prise au tripes.

Les personnages sont tous assez touchants, même si j’ai trouvé qu’on exagérait peut-être un poil avec Ryan (que j’ai bien aimé malgré tout). Eden reste ma petite chouchoute, car c’est celle à laquelle j’ai pu le mieux m’identifier. Elle a eu la chance d’avoir une amitié hors du commun avec Carrie, un lien très spécial et unique. Le fait d’avoir perdu ce lien en grandissant a fait d’elle une adolescente triste, craintive et solitaire. Je comprends tellement ce par quoi elle est passée, donc je n’ai pu que m’attacher à ce personnage ahah. Dans l’ensemble, je les aies tous bien aimés. Chacun a su me toucher à sa propre manière.

Parmi ses cinq romans publiés en France (sans compter la saga des Filles au chocolat), Les 5 lettres du mot coeur est l’un de ceux qui m’aura le plus ébranlée. Rose Givrée reste peut-être mon préféré, car ce dernier est plus fort et « violent » dans sa continuité. Cependant, Les 5 lettres du mot coeur se défend aussi très bien en abordant un autre sujet sensible et pertinent. La fin du roman m’aura mise la larme à l’oeil et retourner le coeur. C’est une histoire que je ne suis pas prête d’oublier.

Si vous n’avez encore jamais lu un roman de Cathy Cassidy et que vous hésitez à vous jeter à l’eau, voici une nouvelle preuve qu’il faut vraiment se lancer ! Je continuerais à conseiller Rose Givrée pour ceux qui veulent un récit vraiment fort et marquant, mais si vous voulez quelque chose de tout aussi puissant, en plus doux et peut-être avec un sujet plus parlant comparé à l’autre, alors je vous recommanderais celui-ci en premier. Enfin, je vous recommande tous ses livres, mais ces deux-là arrivent en haut de ma liste de préférences ahah !

Livre : « Quand la nuit devient jour », de Sophie Jomain

Sans titre 2Parution : 2016
Type : roman contemporain
Genre : drame
Thèmes : solitude, dépression, euthanasie, famille, psychologie…
Pages : 238 (Broché, Pygmalion)

Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

4 hearts Coup de coeur.

>> J’ai lu ce roman en août, donc il serait temps que j’en parle. J’ai sûrement déjà oublié la moitié des choses que j’aurais à dire à son sujet au vu de ma super mémoire de poisson rouge, donc vous m’excuserez… j’espère. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un livre simple et qu’il est très émouvant.

On nous parle en effet d’euthanasie dans cette histoire. Celle d’une jeune femme qui est tellement mal dans sa vie, dans son être qu’elle ne peut plus supporter le poids de son existence et décide d’aller se faire euthanasier en Belgique. Elle préfère la mort à la vie, voit cela comme une libération. Ses parents tenterons évidemment de la faire changer d’avis (comment pourrait-il en être autrement ?), mais est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Dans ces moments-là, faut-il accepter la décision de ceux qu’on aime ou tout faire pour les sauver ? Le livre n’apporte pas de réponse précise. Chacun peut se faire un avis sur la question. L’euthanasie reste un sujet assez compliqué et tabou en France.

Pour ma part, évidemment j’étais un peu en colère contre l’héroïne. Parce qu’elle doit affliger une immense souffrance à ses proches en prenant cette décision.  J’avais envie de la secouer pour qu’elle se reprenne, d’essayer de la « sauver » moi aussi. Néanmoins, j’ai aussi eu beaucoup de compassion à son égard. Je sais ce que c’est de se sentir déprimée, seule, mal dans sa peau ou au bord du gouffre. J’ai donc pu me représenter ce que l’héroïne pouvait ressentir au fond d’elle-même et j’ai sincèrement eu de la peine, mal au coeur. Moi-même, je voyais presque la mort comme une « libération » au travers son regard. J’avais parfois envie de la soutenir dans sa démarche, pour que son mal s’apaise enfin… Bref, si vous vous sentez confus en lisant ce roman, il n’y a pas de honte à avoir, vraiment. Ce n’est pas un sujet facile et je pense que tout le monde n’est pas capable de se projeter ou comprendre un personnage souffrant d’une si profonde dépression. Difficile quand on n’a pas vécu ce genre de choses nous-mêmes, ou quelque chose de similaire.

Une lecture qui m’aura retournée à laquelle je repense avec tristesse. Mais ne vous méprenez pas ! Pour moi, le pari a été réussi. Si cela me fait cet effet, c’est que j’ai vraiment adoré ce roman ahah ! Je l’ai lu très rapidement, toujours avide de savoir l’évolution et la finalité de l’histoire. Et j’ai été bouleversée par ce récit du début à la fin. Je vous conseille donc « Quand la nuit devient jour », à condition bien-sûr que l’histoire et le sujet abordé au travers pique votre curiosité. Quoique même si ce n’est pas le cas en fait, parce que pour le coup cela peut être une bonne occasion pour découvrir un sujet qui ne vous ait peut-être pas familier et vous projeter dans une situation « inédite ». Attention toutefois, ce n’est pas une lecture facile. Il faut s’y préparer mentalement et savoir faire la part des choses.

Roman : « Mirror Mirror » de Cara Delevingne et Rowan Coleman

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AUTRICES : Cara Delevingne, avec Rowan Coleman
PARUTION VO/VF : 2017
TYPE : Roman jeunesse (13+/ados)
GENRE(S) : Drame, Polar
THÈMES : Adolescence, famille, amitié, musique, drame, enquête…
PAGES : 356 (Broché, Hachette)

➔ A 16 ans, Red, Leo, Naomi et Rose sont des ados comme tout le monde : ils tentent de savoir qui ils sont dans la jungle du lycée. La vie n’est pas parfaite, mais ils sont unis par leur amour pour la musique et pleins d’espoir quant au futur. Enfin, c’était vrai jusqu’à ce que Naomi disparaisse dans d’étranges circonstances, puis soit retrouvée entre la vie et la mort… Que lui-est-t-il arrivé ? Fugue ? Tentative de suicide ? Pour Red, c’est impossible. Cela ressemblait à l’ancienne Naomi, mais pas à la « nouvelle ». Son amie. Puisque les autorités n’ont pas l’air de se bouger, Red cherchera à découvrir la vérité de son côté avec l’aide d’Ash, la soeur de Naomi. Amis. Amant. Victime. Traître. Que voyez vous quand vous regardez dans le miroir ? 

3.5 heartsUn bon premier roman.

>> Nous la connaissions en tant que mannequin, actrice et chanteuse. Voilà que Cara Delevingne ajoute une corde à son arc en publiant son premier roman, en co-écriture avec Rowan Coleman. J’ai trouvé l’ensemble un peu inégal, mais néanmoins très correct.

Quand j’ai découvert le synopsis (un autre que celui-là), je dois dire que je ne m’attendais pas à lire un polar. Je pensais que cela serait plus… gentillet. Ce fût donc une première bonne surprise. L’intrigue est bien menée dans l’ensemble. Les autrices arrivent bien à nous embrouiller sur plusieurs points, ce qui fait que tout n’est pas si facile à démêler au final. Elles arrivent à créer le doute et à installer une certaine atmosphère de tension et de suspens. On a envie d’arriver au bout de cette histoire et que justice soit faite ! Le seul gros bémol, c’est qu’il faut bien environ 90 pages pour que ça démarre vraiment. Le début est assez long et très, très répétitif. Il faut donc s’accrocher un peu, mais une fois le cap passé cela se lit assez facilement.

Au niveau des personnages, j’ai aimé le fait que chacun d’entre eux aient son histoire et sa personnalité. Ils entrent tous un peu dans des cases, sans être non plus trop clichés. Ils sont bien développés à leur niveau. J’ai beaucoup apprécié Red. Une certaine ambiguïté tourne autour de ce personnage pendant une bonne partie de l’histoire, quelque chose que je n’arrivais pas à saisir. Quand on apprend enfin ce que c’est, j’ai été très surprise. Je ne l’avais pas vu venir, même si cela parait ensuite évident  si on est attentif au texte. Ash m’a également beaucoup plu, et difficile de ne pas s’attacher à Naomi via l’image que ses amis nous renvoient d’elle. J’ai moins aimé Léo, même si j’ai réussi à saisir le personnage. Par contre, Rose… d’accord, il lui est arrivé un truc horrible, mais cela n’excuse en rien son ignoble attitude. Je ne l’apprécie vraiment pas.

Mirror Mirror n’est pas qu’un polar. Il reste dans une lignée jeunesse en nous proposant des réflexions autour de certains thèmes/problèmes d’ados : définition de soi, rapport avec les autres, problèmes familiaux, amour, amitié etc… Cara Delevingne étant encore jeune, on sent qu’elle savait de quoi elle parlait en écrivant ce roman. Il y a un peu d’excessif, mais certains ados le sont parfois, donc ce n’est pas irréaliste pour moi. J’ai particulièrement aimé la sous-intrigue tournant autour de Red et de sa famille. Ce n’était pas innovant, mais néanmoins émouvant et intéressant. L’histoire personnelle de Léo m’a également paru d’une réalité déconcertante, malheureusement. La partie « amitié » est peut-être un peu naïve, mais le but de Cara était de mettre l’accent sur celle-ci pour montrer qu’elle pouvait aider à surmonter les épreuves de la vie et la période de l’âge ingrat plus aisément. Cela qui n’est pas faux.

J’ai donc apprécié ma lecture malgré un long démarrage et reste mi-figue mi-raisin concernant un élément de l’enquête. En dehors de ça, il y a de bonnes idées dans cette histoire, ainsi que de bons personnages plus ou moins attachants selon les affinités que le lecteur va développer avec eux. Mirror Mirror est donc un roman assez sympathique, mêlant le côté sombre et intriguant du polar aux déboires adolescents, le tout saupoudré d’une dose d’espoir et de bons sentiments. C’est une lecture légère dans le ton, mais aussi lourde dans le contenu (il y a quand même une belle dose de glauque). Ce lecture ne me laissera pas de trace particulière, mais j’ai quand même apprécié découvrir cette histoire et la plume de Cara sur le coup. Je le recommande donc, plus particulièrement aux jeunes de 13 à 16 ans à la recherche d’un récit dramatique, sombre, mais aussi touchant et lumineux.  Je ne vous pousserais pas à tout prix vers cette lecture, sans pour autant vous en dissuader. Comme toujours, à vous de voir !

J’ai lu : « Tous nos jours parfaits » de Jennifer Niven

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Titre original : All the bright places
Parution VO/VF : 2015
Type : Roman jeunesse/ados
Genres : romance, drame
Thèmes : adolescence, amour, famille, suicide, deuil…
Pages : 377 (broché, Gallimard)

Quand Violet et Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. Il oscille entre les périodes d’accablement, dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante: l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.

3 heartsBonne lecture.

>> J’ai cru comprendre que ce roman avait bouleversé pas mal de lecteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis décidée à le lire. Résultat des courses : j’avoue que je suis passée un petit peu à côté de cette histoire, mais cela n’en reste pas moins une lecture que j’ai trouvée appréciable, abordant un sujet important et je conçois totalement qu’elle ait pu émouvoir à ce point certain lecteurs. Sincèrement.

Violet et Finch (pourquoi l’appelle-t-on par son nom de famille, lui, et Violet par son prénom ?) sont deux personnages qui ont su me toucher et me plaire dans l’ensemble, mais qui parfois m’auront tout de même un peu agacés dans leur pensés et attitude. Cela restait pardonnable, car il ne faut pas oublier que ce sont deux adolescents (donc, dans une période sensible de la vie) et ayant déjà subi de dures épreuves. Et puis ce n’était rien de méchant non plus, bref. Je garde un ressenti positif à leur sujet, même s’il y a eu quelques bas.

Concernant leur histoire commune : même si c’est touchant et très mignon j’ai eu du mal à y adhérer, car cela manquait cruellement de réalisme. C’était « trop ». On sent que l’auteure a pensé ses personnages de manière romantique, qu’elle a voulu leur faire vivre une histoire totalement hors du commun. Finch est lui-même un personnage assez haut en couleurs. Le style littéraire aussi prend parfois une belle envolée poétique. J’aime l’originalité et la différence. J’aime la « belle écriture ». J’aime le romantisme… mais là, l’accumulation de tout ça en même temps rend le tout un peu trop surchargé. Cela m’a même fait lire les 50 dernières pages en diagonale. J’adore les belles histoires comme ça à partir du moment où j’arrive à y croire, hors là je n’ai pas réussi un seul instant à projeter ses personnages dans le réel, ce qui m’a posé problème en tant que lectrice. Je suis donc restée assez extérieure à cette histoire, voir quasiment imperméable (enfin, j’ai quand même ressenti de la compassion pour nos héros dans les épreuves qu’ils avaient à traverser). Cela peut aussi venir du fait que, maintenant, j’ai quand même un bagage de littérature jeunesse important derrière moi (donc pleins de point de comparaison) et aussi que je mûris, ce qui me permet de prendre un certain recul sur ce livre. Honnêtement, je pense que si je l’avais lu vers 14/15 ans ou si je n’avais pas déjà lu autant du roman du même style, j’aurais su mieux apprécier Tous nos jours parfaits, il m’aurait plus parlé et aurait peut-être même fait partie de mes coups de coeur… peut-être.

J’aimerais qu’on parle de la fin : je ne la cautionne pas. NOP. Le pire c’est que je l’ai senti venir, supposée (j’ai direct repéré le moment où ça tique), mais au fond de moi je n’y croyais pas plus que ça. Et là… surprise. Au vu de l »objectif » qu’avait l’autrice en écrivant ce livre, je peux tout à fait comprendre ce choix. C’est juste que… merde, non quoi. POURQUOI. Je vais rester vague pour ne pas vous donner de piste, mais j’aurais tellement de choses à dire. Bien que je sois passée à côté du livre dans l’ensemble, quatre jours après ma lecture je dois dire que je n’arrive pas à me sortir cette fin de ma têtele livre m’aura donc finalement marqué à sa manière. En tout cas, je me suis inventée ma propre fin, désolé madame Niven, mais vous m’en demandez trop psychologiquement avec la vôtre ahah !

Tous nos jours parfaits est une belle lecture. C’est émouvant, le style est travaillé, mais reste très simple. C’est facile à lire. L’histoire est mignonne comme tout dans l’ensemble, mais on s’arrête aussi sur des sujets sensibles. C’est un récit avec pas mal de qualités, même si le surplus de romantisme et d’originalité dont l’auteure veut faire preuve m’ont rendu l’histoire et les personnages trop irréalistes pour pouvoir me toucher réellement (dixit une fan de John Green. Le style est d’ailleurs assez semblable, mais paradoxalement là ça n’a pas trop fonctionné pour moi). Je recommande tout de même cette lecture, surtout aux lecteurs de 13 à 16/17 ans. En revanche, il faut vous y préparer. Ce n’est pas aussi simple que cela en à l’air. Je reste mitigé quant à la conseiller aux jeunes un peu « à fleur de peau », pour plusieurs raisons que je n’évoquerais pas pour ne pas vous donner d’indices sur l’histoire. En fait, c’est un livre adapté à la jeunesse, mais à aborder avec un certain recule, s’il vous plait ! 

J’ai lu : « The Air He Breathes » de Brittainy C. Cherry

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Saga The Elements, tome 1
Parution VO/VF : 2015/2016
Type : Roman érotique/sentimental
Genres : romance, drame
Thèmes : deuil, famille, désir, secrets, reconstruction…
Pages : 422 (broché, Hugo Roman)

C’est facile de juger un homme son son passé. De regarder Tristan et de voir en lui un monstre. Mais je n’ai pas pu réagir de la sorte. J’ai reconnu la désolation qu’il portait parce qu’il était comparable à celle qui m’habitait, et je l’ai acceptée. Lui et moi, nous étions des coquilles vides. Nous étions tous deux à la recherche d’autre chose. De quelque chose de plus. Nous voulions tous deux recoller les morceaux éparpillés de nos passés respectifs. C’était peut-être la condition pour que nous puissions finalement réapprendre à respirer.

2.5 heartsAvis mitigé

>> Après en avoir entendu de bons échos et parce que sa quatrième de couverture nous laisse présager un récit émouvant et torturé, j’ai eu envie de me plonger dans ce livre. J’avoue aussi que la couverture ne me laissait pas insensible de par ses couleurs, ses contrastes et les petites plumes qui encadrent le titre. Je ressors de ma lecture un peu dubitative. Il y a des choses que j’ai aimé et d’autres beaucoup moins.

Les personnages principaux, Elizabeth et Tristan, sont tout deux encrés dans un cadre familial précis et complexe, ce que j’ai bien apprécié. Lui n’est plus que l’ombre de lui-même après l’effroyable drame qu’il a vécu quelques années auparavant et elle est tout aussi brisée par un drame personnel, mais va essayer de remonter la pente pour le bien de sa fille de cinq ans, Emma. Ce dernier point m’a particulièrement touché. On sent a quel point cette jeune mère aime sa fille et veut être présente pour elle. Mais plus qu’une relation mère/fille, The air he breathes nous sert aussi des relations parents/enfants assez intéressantes entre les personnages et leurs propres famille. Enfin, on a évidemment une relation Tristan/Emma qui va s’installer, ce qui m’a également beaucoup touché.

Les personnages en eux-mêmes sont aussi assez émouvants sur certains points, notamment par les tragédies qui sont intervenues dans leurs vies respectives. Le début du roman m’a presque mis les larmes aux yeux tant c’est triste… il m’a été impossible de ne pas éprouver de la compassion à leur égard. Le roman est assez poignant sur ce point, on ne peut pas lui enlever ça.

Là où je suis d’un avis plus mitigé, c’est d’abord sur la plume de l’autrice. Certains passages sont très beaux et il y a de belles idées (Emma et ses petites plumes…). Brittainy C. Cherry a également bien choisi le titre de son roman, qui se traduirait en français par « l’air qu’il respire ». L’air tient en effet un rôle important et son image est souvent employée pour exprimer les sentiments profonds des personnages. C’est bien pensé. En revanche, j’ai eu un peu de mal avec sa plume érotique. Pour le coup, passer d’un contexte dur (sans mauvais jeu de mot), dramatique, quasi larmoyant à une scène de sexe chaude et racontée de manière crue, j’avoue que ça fait un peu bizarre ahah. Ok, cela démontre que le désir et l’amour peuvent toujours revenir dans notre vie après une période difficile, mais personnellement j’ai eu du mal, surtout d’un point de vue littéral (je ne remets pas en cause ces scènes au sain de l’histoire elle-même). D’autant plus que certains dialogues et moments m’ont paru un peu trop poussés et irréalistes

Cela me mène à mon second point : la relation entre Tristan et Elizabeth, ainsi que les personnages en eux-mêmes. Je les aies aimés pour leurs passés et soutenus à certains moments de l’histoire. A d’autres, leur comportement me paraissait un peu excessif où m’échappait complètement, notamment Élizabeth qui m’a agacé plusieurs fois au milieu du roman. Tristan également. Une fois le livre finit, j’étais réconciliée avec eux, mais cela ne m’a pas empêché d’avoir des petits coups de froid pendant ma lecture. C’est surtout au niveau de leur histoire d’amour que cela m’a posé problème : aussi touchante soit-elle, je n’ai pas réussi à la trouver réaliste, car trop exagérée sur certaines notions : le désir, la destruction, la tristesse (où alors je suis juste un coeur de pierre ahah) et un certain personnage. Ajoutons à ça que j’ai trouvé le début de leur relation plutôt malsain, puis l’évolution pas convaincante du tout. Sans trop vous en dire, disons qu’ils vont à un moment passer à un stade de reniement avant d’ouvrir les yeux, alors que de mon point de vue c’était une évidence que cela avait toujours été ainsi.. bref. Tout ça est évidemment très subjectif. Beaucoup de gens ont apprécié cette romance : ça n’a pas été mon cas, mais j’aurais du mal à dire que je l’ai détesté pour autant, car cela reste touchant. Quand serait-il si j’avais été à leur place après tout ? Je n’en sais rien du tout !

Pour vous faire un résumé de mon avis général sur The air he breathes, je dirais que c’est un peu « gros », pas toujours subtil, parfois agaçant, mais que c’est quand même une histoire touchante avec de jolies idées. Si, de base, vous appréciez la new romance, je pense que celle-ci ne pourra que vous plaire (à condition que vous aimiez aussi les dramas familiaux ahah). C’est une lecture qui m’a surtout parlée/touchée pour tout ce qui tourne autour de la famille, du deuil etc… la romance ne m’aura pas tellement plu, par contre. J’ai tout de même envie de découvrir le second tome de la saga, car il faut savoir que ce sont des histoires indépendantes les unes des autres. J’ai envie de laisser une seconde chance à l’auteure pour l’instant, voir ce qu’elle peut écrire et imaginer d’autre. Si ce dernier n’arrive pas à me convaincre par contre, je m’arrêterais là dans The Elements. La suite au prochain épisode !

Avez-vous ou comptez-vous lire ce roman ? Qu’en avez-vous pensez ? 

Plutôt TAHB, The Fire ou TSW ?