Roman : « Eleanor Oliphant va très bien », de Gail Honeyman.

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TITRE ORIGINAL : Eleanor Oliphant is completely fine
AUTRICE : Gail Honeyman
PARUTION VO/VF : 2017
GENRE(S) : Comédie, drame, tranche-de-vie
CATÉGORIE : Roman contemporain
THÈMES : Humour, anxiété sociale, sarcasme, dépression, amitié, famille…
PAGES : 434 (Broché, Fleuve 2017)

➔ Eleanor Oliphant est un peu spéciale. Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages.  Fidèle à sa devise  » Mieux vaut être seule que mal accompagnée « , Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec maman.  Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir l’objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. En naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec maman, Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d’un ami…

4.5 heart

Une petite pépite livresque drôle, touchante et qui fais du bien !

>> Le service-presse d’Eleanor Oliphant traînait sur un pupitre à mon lieu de travail. Intriguée par son résumé, c’est un peu par hasard que je me suis lancée dans cette lecture. Comme quoi ce dernier fait parfois bien les choses, sinon je serais passée à côté d’une lecture géniale !

Ce roman a tout simplement « refais ma journée » au moment où je l’ai lu. C’est un titre qui, d’abord, m’a fait beaucoup rire et sourire. Eleanor est vraiment un personnage atypique : râleuse, antisociale, portée sur la boisson, en pleine crise identitaire, intelligente et sarcastique… mais qu’est-ce qu’elle est drôle malgré elle ahah ! Parfois elle amuse, parfois elle exaspère, mais c’est un personnage si entier ! Je l’ai trouvé particulièrement attachante, aussi bien pour ses défauts que ses qualités et malgré ses petites lubies. Bien que j’aie été franchement amusée par sa marginalité et son côté asocial, j’ai plus encore aimé son évolution au fil du roman.

En effet, Eleanor va avoir l’occasion de remettre en question sa vie actuelle, son comportement et, surtout, tenter de faire la paix avec elle-même et le reste du monde. Ses tribulations se suivent avec délice et intérêt. Edmond est un personnage fantastique et j’ai plus qu’adoré sa présence auprès d‘Eleanor, car notre héroïne va beaucoup changer à son contact. C’est frais, drôle et, surtout, ça fait du bien ! Et si vous vous attendiez à une simple tranche-de-vie banale et sans surprises, détrompez-vous ! Eleanor Oliphant est accentué d’une petite touche de drama : une ombre plane en effet sur notre héroïne, à l’origine de beaucoup de problèmes et en grande partie de ce qu’est devenue Eleanor. La jeune femme va ainsi devoir faire face à ses démons, dont certains dont elle ne soupçonnait pas -ou ne voulait pas admettre- l’existence. Préparez-vous donc à rire, mais également à être émus et même surpris avec un final qu’on ne voit pas forcément venir.

En bref, Eleanor Oliphant va très bien est une tranche-de-vie à la fois drôle et grave, torturée et optimiste. Un roman qui touche autant qu’il amuse et fait du bien ! Cette lecture aura marquée mon année, en plus d’avoir réellement su me surprendre. Je ne suis pas prête d’oublier cette héroïne si peu commune tant j’ai été marquée aussi bien par son caractère que ses aventures. C’est un roman qui apaise et exorcise, tout en étant follement distrayant et savoureux. Je le recommande donc à un maximum de personnes, si vous voulez vous changer les idées ou simplement faire la connaissance d’un personnage atypique, socialement décalé et tout en nuances. Gros coup de coeur de 2017 !

Roman : « L’aube sera grandiose », Anne-Laure Bondoux

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Parution : 2017
Type : Roman jeunesse/contemporain
Genre(s) : drame, suspense
Thèmes : secrets de famille, années 70, flashback, relation mère/fille…
Pages : 296 (Broché, Gallimard jeunesse)

Titania emmène sa fille, Nine, seize ans, dans une mystérieuse cabane au bord d’un lac. Il est temps pour elle de lui dévoiler des événements de sa vie qu’elle lui a cachés jusqu’alors. Nine écoute, suspendue aux paroles de sa mère. Flash-back, anecdotes, personnages flamboyants, récits en eaux troubles, souvenirs souvent drôles et parfois tragiques, bouleversants, fascinants secrets… Peu à peu jaillit un étonnant roman familial, qui va prendre, pour Nine, un nouveau tour au matin..

4 heartsUne fresque familiale très prenante.

>> Tout d’abord, je tiens à féliciter l’autrice d’avoir remporté la toute première édition du Prix Vendredi ! Si vous n’en avez pas entendu parler, sachez que c’est un tout nouveau prix qui récompensera tous les ans (depuis cette année) une oeuvre de la littérature jeunesse/ados francophone destinée aux plus de 13 ans. Et oui, la littérature jeunesse a enfin son petit prestige ahah !

Pour en revenir au roman : j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire. Je n’ai lu que très peu de livres de ce genre (secrets de famille contemporain), donc notez que je pars de zéro et n’ai pas vraiment de point de comparaison. En tout cas, pour la novice  que je suis, ce fut une lecture agréable et entraînante.

J’ai apprécié la construction du récit : on navigue entre passé et présent. On est à la fois avec Titania et Nine (que je n’ai pas pu m’empêcher de m’imaginer avec les traits de Nine Gorman. Sorry but not sorry !) dans cette petite cabane dans les bois, avec autant de questions qui nous taraudent que l’adolescente. Tout comme elle, on est avide de connaître l’histoire de sa mère et d’en savoir toujours davantage. Ces moments sont entrecoupés par des flashback du passé de Titania allant de son enfance à sa vie de jeune adulte. On y découvre la mère de Nine sous un jour nouveau (par rapport à l’image qu’on peut avoir d’elle dans le présent). Cela pourrait être lassant à la longue, mais heureusement le roman n’est pas trop long. On tient aussi le coup parce que, comme Nine, on est pressés de savoir pourquoi Titania raconte tout ça à sa fille. Où veut-elle en venir ? Pourquoi maintenant ? …

Ce qui est beau avec cette histoire, c’est qu’on évolue en même temps que ses personnages. Si la mère et la fille se redécouvrent, le lecteur lui aussi s’en fait une opinion plus pointue. Je n’appréciais pas plus que ça Titania au début et Nine me paraissait un peu exaspérante, mais les deux ont fini par me toucher. Finalement, elles m’auront été attachante et cela m’a fait plaisir de les voir « grandir » ensemble.

L’intrigue n’a pas laissé une trace intarissable dans ma mémoire (il faut dire que cette dernière est très défaillante. Vraiment. Donc ce n’est pas un très bon argument en fait.), mais je me souviens de l’essentiel et de pas mal de détails. Cette lecture m’aura tout de même marquée, sinon j’aurais déjà tout oublié depuis un moment ahah.

L’aube sera grandiose est un récit assez captivant, entraînant et sympathique à suivre. C’est un livre que je prendrais plaisir à relire un de ces jours. Il se lit facilement, n’est pas trop long  et l’histoire est touchante. J’aurais tendance à conseiller ce roman pour une lecture détente, légère, mais avec un minimum de fil conducteur et de suspense. Plus encore si vous aimez les secrets familiaux et les histoires qui naviguent entre présent et passé. Une belle découverte pour moi. Cela aura été mon premier roman de l’autrice. J’ai maintenant envie de la découvrir dans une autre de ses oeuvres.

Livre : « Quand la nuit devient jour », de Sophie Jomain

Sans titre 2Parution : 2016
Type : roman contemporain
Genre : drame
Thèmes : solitude, dépression, euthanasie, famille, psychologie…
Pages : 238 (Broché, Pygmalion)

Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

4 hearts Coup de coeur.

>> J’ai lu ce roman en août, donc il serait temps que j’en parle. J’ai sûrement déjà oublié la moitié des choses que j’aurais à dire à son sujet au vu de ma super mémoire de poisson rouge, donc vous m’excuserez… j’espère. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un livre simple et qu’il est très émouvant.

On nous parle en effet d’euthanasie dans cette histoire. Celle d’une jeune femme qui est tellement mal dans sa vie, dans son être qu’elle ne peut plus supporter le poids de son existence et décide d’aller se faire euthanasier en Belgique. Elle préfère la mort à la vie, voit cela comme une libération. Ses parents tenterons évidemment de la faire changer d’avis (comment pourrait-il en être autrement ?), mais est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Dans ces moments-là, faut-il accepter la décision de ceux qu’on aime ou tout faire pour les sauver ? Le livre n’apporte pas de réponse précise. Chacun peut se faire un avis sur la question. L’euthanasie reste un sujet assez compliqué et tabou en France.

Pour ma part, évidemment j’étais un peu en colère contre l’héroïne. Parce qu’elle doit affliger une immense souffrance à ses proches en prenant cette décision.  J’avais envie de la secouer pour qu’elle se reprenne, d’essayer de la « sauver » moi aussi. Néanmoins, j’ai aussi eu beaucoup de compassion à son égard. Je sais ce que c’est de se sentir déprimée, seule, mal dans sa peau ou au bord du gouffre. J’ai donc pu me représenter ce que l’héroïne pouvait ressentir au fond d’elle-même et j’ai sincèrement eu de la peine, mal au coeur. Moi-même, je voyais presque la mort comme une « libération » au travers son regard. J’avais parfois envie de la soutenir dans sa démarche, pour que son mal s’apaise enfin… Bref, si vous vous sentez confus en lisant ce roman, il n’y a pas de honte à avoir, vraiment. Ce n’est pas un sujet facile et je pense que tout le monde n’est pas capable de se projeter ou comprendre un personnage souffrant d’une si profonde dépression. Difficile quand on n’a pas vécu ce genre de choses nous-mêmes, ou quelque chose de similaire.

Une lecture qui m’aura retournée à laquelle je repense avec tristesse. Mais ne vous méprenez pas ! Pour moi, le pari a été réussi. Si cela me fait cet effet, c’est que j’ai vraiment adoré ce roman ahah ! Je l’ai lu très rapidement, toujours avide de savoir l’évolution et la finalité de l’histoire. Et j’ai été bouleversée par ce récit du début à la fin. Je vous conseille donc « Quand la nuit devient jour », à condition bien-sûr que l’histoire et le sujet abordé au travers pique votre curiosité. Quoique même si ce n’est pas le cas en fait, parce que pour le coup cela peut être une bonne occasion pour découvrir un sujet qui ne vous ait peut-être pas familier et vous projeter dans une situation « inédite ». Attention toutefois, ce n’est pas une lecture facile. Il faut s’y préparer mentalement et savoir faire la part des choses.

J’ai lu : « La librairie de l’île » de Gabrielle Zevin

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Titre alternatif : L’histoire épatante de M. Firky et autres trésors
Titre original : The storied life of A.J. Firky
Parution VO/VF : 2014/2015
Type : littérature contemporaine
Genres : Tranche-de-vie, romance
Thèmes : famille, livres, secrets, amour, solitude…
Pages : 243 (grand format)/ 279 (poche)

A.J. Fikry a l’un des plus beaux métiers du monde : il est libraire sur une petite île du Massachusetts. Mais il traverse une mauvaise passe. Il a perdu sa femme, son commerce enregistre ses pires résultats depuis sa création et il vient de se faire dérober une édition originale et précieuse. A.J. s’isole au milieu des livres jusqu’au soir où il découvre un couffin devant sa librairie. Un bébé que sa mère a abandonné là avec un mot :  » Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte.  » Réticent au premier abord face à l’ampleur de cette mission, le libraire tombe rapidement sous le charme du nourrisson et entrevoit avec lui la possibilité d’un nouveau bonheur. Et si la vie valait bien qu’on lui accorde une seconde chance ?

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05Bonne/très bonne lecture.

>> J’ai passé un très bon moment avec ce livre. J’avais envie de lire quelque chose de court, léger, de doux, mais aussi émouvant ; d’une petite lecture sympathique pour démarrer l’été en douceur. La librairie de l’île m’a directement attiré de par son titre, sa couverture et son résumé. Je l’ai lu en mai ou juin, donc je ne saurais vous en faire un compte rendu très précis (oui, j’ai une mémoire aussi affligeante à 22 ans, je sais… il faut vraiment qu’un livre me marque à fond pour que j’arrive à m’en souvenir des mois après, ou que je l’aie lu plusieurs fois. Sinon, même si c’est une lecture que j’ai aimée, ça finit toujours pas s’en aller… tellement d’histoire à retenir que mon cerveau préfère faire le tri ahah).

En gros : j’ai trouvé La librairie de l’île très sympathique. Le roman a su répondre à toutes mes attentes : court, attendrissant, émouvant. L’intrigue est bien ficelée, mais il n’y a rien de transcendant ni d’incroyable dans cette histoire. Pas de suspens, pas de cliffhanger ou de retournements surprenants. Le livre suit tranquillement son court et, même si on s’y attend, ça reste agréable et mignon à suivre. Si on décide de lire ce livre de toute façon, ce n’est clairement pas pour voir l’intrigue prendre une tournure étonnante, mais plutôt pour passer un bon moment avec les personnages, s’émouvoir, se faire du bien et surtout pour suivre l’évolution du personnage principal.

Notre héros, AJ., apparaît au début comme un vieux grincheux assez peu sympathique, mais il apprend et sait se montrer plus doux et émouvant au fil de l’histoire. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de la jeune femme qui arrive au début du roman pour présenter les nouveaux livres à paraître dans sa maison d’édition à A.J. (je crois qu’elle s’appelle Maria ? Et mes excuses, mais je ne me souviens plus de l’intitulé exact de ce métier ahah). Enfin évidemment j’ai adoré la petite fille, qui je crois s’appelle Maya (oui, mémoire de poisson rouge, vous voyez..). Les liens qui vont se tisser entre les différents personnages sont ce qu’il y a de plus intéressant dans cette histoire.

Un petit mot sur le cadre spatial : déjà, j’ai adoré que l’histoire se passe sur une île, ayant un goût prononcé pour ces dernières. On n’est pas sur une grande île touristique et réputée, mais sur une petite île tranquille, petite et avec peu d’habitants, ce qui m’a encore plus enchantée. Je trouve que cela apporte un peu de pep’s (île = soleil = positiiiiif dans ma tête ahah), d’intimité et d’apaisement à l’histoire. Rajoutons à cela qu’une bonne partie de l’histoire se passe dans une librairie et parle de livres : forcément, quand on aime déjà cet univers en général, ça ne peut que nous plaire !

Je n’ai rien a ajouter en particulier. Pour résumé : le livre a répondu à mes attentes, est idéal pour l’été, m’a fait passer un bon moment en compagnie de personnages sympathiques et, petit bonus, j’ai beaucoup apprécié son cadre spatial. J’aurais tendance à conseiller cette lecture si vous recherchez dans cette dernière les mêmes critères que moi au départ. Cela reste une lecture légère dans l’ensemble, même si ça peut être émouvant, mais n’en attendez pas vraiment plus pour autant. Un petit plaisir non négligeable, une friandise très appréciable sur le coup, mais dont la saveur ne perdure pas dans le temps (à moins qu’on ne la déguste de nouveau, bien sûr).

Avez-vous lu ce roman ? Si non, comptez-vous le faire ?
Y’a-t-il des livres en rapport avec le monde de la littérature qui vous on plu ? Lesquels ?