Livres

Phobos, de Victor Dixen : speed-dating spatial

« Il n’y a que la mort qui soit simple, et éternelle. Parce que tu vois, la vie, c’est compliqué, et c’est terriblement court. On a l’impression qu’on a tout le temps devant soi, mais en réalité c’est comme une séance de speed-dating : à peine entré dans la bulle, c’est déjà le moment de dégager. »

Phobos, Victor Dixen

Phobos (tome 1/4)

Un roman de Victor Dixen
paru la première fois en France en 2015 (Robert Laffont)

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour recommencer à zéro. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.


Chronique publiée originellement sur Golden-Book en 2016

 Phobos ne me faisait pas spécialement envie au départ. Je me suis lancée à force d’en entendre parler en bien un peu partout. Résultat : comblée, non, mais surprise dans le bon sens sur certains points.

Résumé (trompeur) et personnages

Je trouve le résumé au dos du livre éronné. Non, Léonor ne cherche PAS « l’amour avec un grand A ». Elle s’est engagée dans cette aventure pour donner un sens à son existence, espérant pouvoir recommencer sa vie à zéro et gagner une certaine reconnaissance. L’amour n’est d’abord que secondaire. Je m’attendais à ne pas accrocher avec Léonor à cause du synopsis, mais finalement je me suis retrouvée face à une héroïne droite, forte, et fière ; imparfaite, créative et flamboyante !

Si Léo est charismatique, il en va de même pour Serena Mc Bee, un autre personnage important de l’histoire. Vous allez adorer la détester, croyez-moi… Les personnages secondaires, quant à eux, ne sont clairement pas au même niveau. Certains sont attachants, certes, mais dans l’ensemble ils sont quasiment tous des clichés adolescents très surfaits, avec assez peu de matière et de profondeur.

Un « bof » pour la romance

La romance ne m’a pas emballé du tout. Beaucoup de scènes m’ont semblé surfaites et irréalistes, me faisant lever les yeux au ciel ; ainsi que certains personnages. Je n’ai, d’ailleurs, pas du tout aimé Marcus dans ce tome (le tome 2 m’aura totalement fait changer d’avis, si ça peut vous rassurer).

Narration

On suit l’intrigue de Phobos sous différents points de vue de personnages, à la fois dans le vaisseau spatial et sur Terre, ce qui permet de varier un peu les plans et les ambiances. Le récit est sacrément bien mené et l’univers bien introduit au lecteur. Tout est pensé de A à Z et semble cohérent.

« La vie est courte, Romps les règles, Pardonne rapidement, Embrasse lentement, Aime sincèrement. »

Phobos, Victor Dixen

Une écriture immersive, brute et poétique

On a beaucoup de suspens, de tension et d’interrogations ; l’action est prenante… C’est un récit vraiment très addictif ! C’est un point qui a été souligné dans plusieurs chroniques et je suis totalement d’accord.

Pour nous immerger dans cet univers spatial, Victor Dixen utilise parfois des termes ou explications « scientifiques », mais reste dans la simplicité en utilisant un vocabulaire accessible et, surtout, en introduisant des schémas pour que l’on puisse se représenter visuellement ce qu’il raconte. C’est sacrément génial pour les néophytes, comme moi, dans le domaine.

L’écriture de l’auteur est vraiment plaisante. On sent qu’il manie son art et les mots, apportant consistance, douceur et force au récit. Quelques répliques sont marquantes et me sont restées en tête après ma lecture. Sa plume permet de bien se projeter dans les personnages, notamment Léonor, dans laquelle j’ai très souvent réussi à me retrouver. Je me suis sentie très connectée à elle, ressentant même les choses à sa place.

Couverture de la version anglophone (2017)

CONCLUSION

Phobos est loin d’être un coup de coeur. Certains points de l’histoire ne m’ont vraiment pas enchantés (romance(s), personnages clichés). Néanmoins, j’apprécie beaucoup l’héroïne principale et je reconnais que l’intrigue est très addictive, donnant fortement envie de poursuivre l’aventure. L’écriture de l’auteur est très plaisante. L’action du côté Terrien est tout aussi intéressante à suivre que nos jeunes ados dans l’espace, livrés à eux-mêmes. Malgré les points noirs, je compte donc continuer la série jusqu’à la fin, car je suis sacrément curieuse de voir comment l’intrigue va évoluer et de ce qu’il adviendra des personnages.


LES AUTRES TOMES

TOME 3 | BILAN VIDÉO


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4 réponses »

  1. J’avais aussi pas mal aimé cette saga mais, contrairement à toi, Leonor ne m’a pas trop plu (surtout dans le tome 1 où je l’ai trouvée trop « sauvage », trop agressive, notamment quand ça concernait la Salamandre. N’oublions pas qu’elle s’en est pris physiquement à ses camarades). Marcus n’était pas non plus monté très haut dans mon estime dans le premier livre mais la suite de l’histoire m’a fait changer d’avis sur lui. Finalement je le trouve hyper courageux !
    Mon personnage préféré, c’est Serena Mc Bee (oui, je sais, c’est étrange !). En fait, ce que j’ai adoré chez elle, c’est son côté politique, la manière dont elle fait pour toujours revenir à la charge et se hisser à la place suprême, avoir tous les pouvoirs. Je la trouve vraiment fascinante.
    Sinon, au délà des romances (assez niaises pour certaines comme celle entre Kris et Alexei), c’est l’intrigue et le côté télé-réalité qui m’ont intéressée ^^

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai qu’elle a clairement abusé quand elle s’en est prit à sa camarade, mais je pense qu’elle a fait ça dans un moment de panique tant elle complexe là-dessus ^^. Mais ça n’excuse pas le geste certes ! Moi j’aime bien son côté sauvage justement ahah. Par contre elle m’a aussi agacée dans certains tomes avec son côté un peu girouette ou trop sûre d’elle quand il faut pas (ou l’inverse). Pareil que toi pour Marcus ! Mdr Alexei et Kris sont à vomir, je n’ai pas d’autres mots!

      Aimé par 1 personne

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