Livres

« Le Joyau » d’Amy Ewing, tome 1

« Une bonne éducation. On mange à notre faim, on a l’eau courante et l’électricité, et on ne travaille pas. La misère et la pauvreté ne nous atteignent pas. D’après les gardiennes, une fois que nous vivrons dans le Joyau, nous serons encore plus gâtées. Nous aurons tout. Absolument tout. Sauf notre liberté. Étrangement, on oublie toujours de nous mentionner ce détail. »

Le Joyau, Amy Ewing

Le Joyau (VO : The Jewel)
Un roman d’Amy Ewing, paru pour la première fois
en France en 2014 (éditions Robert Laffont).


Résumé

Le Joyau, haut lieu et coeur de la Cité Solitaire, représente la richesse, la beauté, la royauté. Mais pour une jeune fille pauvre comme Violet Lasting, il est avant tout synonyme de servitude. Et pas n’importe laquelle : Violet a été formée pour devenir Mère-Porteuse. Car, dans le Joyau, le vrai luxe est la descendance.. Achetée lors de la Vente aux Enchères par la Duchesse du Lac, Violet – alias le lot 197 – va rapidement découvrir la réalité brutale qui se cache derrière l’étincelante façade du Joyau. C’est pourtant dans ce sinistre quotidien qu’elle tombe amoureuse d’un séduisant garçon. Cette relation interdite vaudra aux jeunes amants d’affronter les plus grands des dangers…


Chronique parue en 2016 sur le blog Golden-Book (qui n’existe plus)

Cette lecture fût une belle surprise. J’avoue que j’en attendais beaucoup moins au départ !

Un univers riche et révoltant

Le point fort est clairement l’univers de la trilogie. On évolue dans une cité divisée en 5 Cercles, eux-mêmes divisés chacun en 4 quartiers (nord, sud, est, ouest). Les cercles vont ainsi du plus spacieux au moins étendu, du plus démunit au plus aisé : le Marais, la Ferme, la Fumée, Le Commerce et le fameux Joyau ou siège la Royauté. Violet, notre héroïne, est originaire du Marais qui est donc le Cercle le plus pauvre.

Les Cercles possèdent leurs propres particularités au niveau des paysages et des métiers, mais je ne m’y attarderais pas. Quant au Joyau, c’est clairement un monde à part où l’on va découvrir une société infâme et un système tout à fait révoltant : les Mère-Porteuse sont vues comme des objets, des éléments du décors. Elles n’ont aucun droit, aucune liberté et même pas une identité propre. Certaines sont, certes, mieux traités que d’autres (en fonction de leur famille d’accueil), mais leur quotidien n’en reste pas moins… inhumain ? Croyez-moi, j’ai plusieurs fois eu envie de poser mon livre pour faire une pause tellement j’étais révoltée, consternée, affligée par tous ces nobles et le fonctionnement de leur société. Mais c’est aussi ce qui fait que j’ai passé un bon moment de lecture, car on en attend pas moins d’une dystopie ! C’est une de celles dont l’univers m’a le plus prise aux tripes.

Couverture VO du format Kindle. Je trouve que ça ferait une très belle affiche s’il y avait une adaptation !

Protagonistes : entre légèreté et complexité


Les personnages sont appréciables, mais pas marquants non plus. Mon coup de coeur revient à Lucien, serviteur de l’Électrice, suivi de près par Garnet, le fils de la Duchesse du Lac, et Raven, la meilleure amie de Violet, Mère-Porteuse pour la Comtesse de la Pierre. Cette dernière (Raven) m’a particulièrement touché.



J’ai apprécié Violet, mais sans grand plus et pas à tous les moments de l’histoire. Cela dépendait de ses états d’âme et de ses décisions. La Duchesse du Lac est un personnage complexe. Je suis prise entre le dégoût et la compréhension envers elle.




Une romance mièvre et facile

Le seul point à m’avoir déçue dans cette histoire, c’est la romance. On est vraiment dans la « romance jeunesse » de base, comme on en a vu beaucoup -trop- ces dernières années.

Violet tombe amoureuse d’un garçon qui lui est interdit. C’est la première fois pour l’un comme l’autre. C’est intense et obsessionnel. La jeune fille en devient gourde par moments… c’est fade, creux et sans intérêt pour moi (en plus de ne pas être forcément bien développé). Cela n’apporte rien à l’intrigue pour l’instant et, franchement, j’aurais mieux apprécier l’histoire sans. Je ne doute pas que ce type de romance ait son petit succès chez d’autres lecteurs (ou ceux qui n’en ont pas encore assez lu pour être blasé), mais ce n’est plus le type de romance que j’apprécie de mon côté.


Conclusion

Le Joyau est une très bonne oeuvre du genre, malgré sa romance mièvre et maladroite dont je me serais bien passée. L’univers se suffit amplement à lui-même et c’est bien pour ça (ainsi que quelques personnages secondaires) que je lirais la suite. Je reste intriguée par l’évolution de l’histoire et j’ai grande envie de voir le Joyau se faire renverser (si cela arrive), Ce n’est pas une dystopie young adult qui se démarque vraiment des autres, mais c’est l’une de celles dont j’ai le plus été projetée dans l’univers. Je conseille ce titre à ceux qui serait intrigué, qui aiment les dystopies du type La Sélection (Le Joyau est quand même bien plus sombre), les histoires de castes sociales et de travers de société. En priorité aux plus jeunes lecteurs (13-16) et/ou néophytes ou fans du genre.

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