Cinéma : « Mary et la fleur de la sorcière »

mary sorciere

Mary et la fleur de la sorcière (Meari to majo no hana).
Réalisé par Hirosama Yonebayashi.
Sorti en 2017 (JP)/2018 (FR).
Avec les voix françaises de : Maryne Bertieaux, Gabriel Bismuth-Bienaimé, Marjorie Frantz, Nicolas Marié, Christophe Lemoine, Catherine Lafond…
Appréciation générale  4 hearts

Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu’une fois tous les 7 ans. On l’appelle la « fleur de la sorcière ». Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s’élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages. Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

>> Première réalisation des nouveaux studios d’animation japonaise « Ponoc » et orchestré par Hirosama Yonebayashi, a qui l’on doit déjà Arrietty et Souvenirs de Marnie chez Ghibli, je partais forcément avec de bons a priori concernant Mary et la fleur de la sorcière. Résultat : même si je m’attendais à autre chose, j’ai été happée par cet univers à la fois inquiétant et superbe, emportée par les péripéties de notre petite sorcière d’un soir, qui va tout tenter pour sauver son ami Peter d’un sort bien tragique.

En découvrant la bande-annonce, je pensais à tord que notre jeune héroïne allait arriver dans une école de magie pour y suivre des cours. Finalement, on ne fait qu’avoir un aperçu de cette fameuse institution pour ensuite se concentrer sur autre chose. L’intrigue prend une direction qui n’est pas forcément attendue par le spectateur. En revanche, une fois celle-ci lancée, il devient assez simple pour les plus âgés de prévoir les événements à venir. Toutefois, je ne pense pas que le but premier de ce film soit de surprendre. Son rôle est davantage de fasciner, d’envoûter et d’émouvoir. Ce qu’il aura su faire avec moi.

Résultat de recherche d'images pour Au niveau des personnages, même chose : une certaine prévisibilité s’installe, mais ils restent attachants et remplissent bien leur rôle. Madame Mumbletchuk est aussi inquiétante que peut l’être Yubaba la sorcière du Voyage de Chihiro. Mary est aussi courageuse et intrépide que notre petite sorcière Kiki, Tib le chat est un vrai animal-compagnon, Peter ingénieux et suffisamment attachant pour un second rôle. Ils nous envoient chacun des vibrations différentes. Même chose pour les décors : c’est magnifique, inventif et féérique, mais parfois aussi sombre et angoissant, à l’image du Château dans le Ciel ou une fois encore de Chihiro. On sent très fortement la patte Ghibli derrière la réalisation.

Là où le film aura su me surprendre, c’est par son utilisation du concept de »magie« . Cette dernière est très étroitement liée à la science et, bien loin d’envoyer du rêve, elle inspire plutôt grandeur et inquiétude au spectateur. Cela permet d’amener une mise en garde contre l’ambition démesurée dans nos recherche sur la science et le progrès. Jusqu’à quelle limite l’acquisition de connaissances est-elle encore acceptable ? Faut-il tout sacrifier pour la Découverte ? N’y a-t-il pas des choses qui nous dépassent ?…

Image associéeMary et la fleur de la sorcière est une production qui n’a rien à envier à celles des studios Ghibli et elle s’y rattache dans le sens positif du terme. Toutefois, le film garde l’empreinte de ses artistes, de son réalisateur et, le scénario s’inspirant d’un roman, on ne peut dire que c’est un recyclage de tel ou tel film. Cette première production des studios Ponoc est, pour moi, assez efficace pour bien les lancer sur le marché de l’animation et a assez de personnalité pour exister par elle-même, sans forcément se fondre dans la masse.

Au final, j’ai passé un aussi bon moment devant Mary et la fleur de la sorcière que devant les autres productions de Yonebayashi ou autres films de chez Ghibli. Malgré sa prévisibilité et des facilités scénaristiques, il aura su m’embarquer dans son univers, me faire rêver, frissonner et voyager. J’ai adoré suivre l’aventure magique de notre petite héroïne. Si vous vous attendiez à rester dans l’esprit Ghibli avec ce film, alors vous serez enchantés. En revanche, si vous espériez au contraire un vent de renouveau, vous risquez d’être déçu. C’est une belle petite douceur qui ravira, je pense, tous les amoureux des productions Ghibli, plus précisément les fans de Chihiro, du Château dans le ciel ou encore de Kiki la petite sorcière. Il faut juste penser que cela n’en est pas un, mais bel et bien une production Ponoc ahah !

+ Pour aller plus loin…

broomstickLe film Mary et la fleur de la sorcière est une adaptation du roman The little broomstick de Mary Stewart, publié en 1971 (non sorti en France). L’autrice est surtout connue dans l’Hexagone pour son Cycle de Merlin, dont les trois premiers tomes sont parus aux éditions Calmann-Lévy en 2006.

2 réflexions sur “Cinéma : « Mary et la fleur de la sorcière »

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