Roman : « Les cinq lettres du mot coeur » de Cathy Cassidy

couv52807092.jpg

Titre original : Broken heart club
Autrice : Cathy Cassidy
Parution : 2016 (VO) / 2017 (VF)
Type : Roman jeunesse
Genre(s) : drame, tranche-de-vie
Thèmes : Enfance, amitié, adolescence…
Pages : 304 (Broché, Nathan)

Carrie, Omisha Eden, Uma et Ryan sont inséparables comme les cinq doigts de la main, ou comme les cinq lettres du mot « coeur » que forment les initiales de leur prénom. Mais après une violente dispute, leur groupe est brisé. Même Eden et Ryan, qui étaient amoureux en secret, ne se parlent plus…. est-il vraiment trop tard, deux ans après, pour recoller les morceaux de l’amour et de l’amitié ?

4 heartsEncore une belle oeuvre de la « Queen Cassidy » !

>> Inutile de vous préciser que je me suis littéralement jetée sur le nouveau roman de Cathy Cassidy à sa sortie ? Cette autrice jeunesse est l’une de mes préférées. J’ai eu un coup de pratiquement pour coeur chacun de ses livres. Les 5 lettres du mot coeur n’a pas échappé à la règle !

Avec un résumé pareil, je m’attendais à une histoire profonde et touchante sur l’amitié et son évolution au fil du temps. Peut-on réparer des liens brisés ? Le roman a su répondre à mes attentes, en allant même un petit peu plus loin. Je ne rentrerais pas dans les détails à ce propos, car j’estime que cela serait dommage. En tout cas, je m’attendais à de l’émotion , mais j’ai eu droit à un récit plus profond et dramatique qu’il n’y parait (c’est souvent le cas avec l’autrice en fait ahah). J’avoue que j’ai rapidement deviné ce qu’il en était, mais cela n’enlève pas le fait que je ne m’attendais pas à trouver ça dans cette histoire. C’est un récit qui, petit à petit, m’a prise au tripes.

Les personnages sont tous assez touchants, même si j’ai trouvé qu’on exagérait peut-être un poil avec Ryan (que j’ai bien aimé malgré tout). Eden reste ma petite chouchoute, car c’est celle à laquelle j’ai pu le mieux m’identifier. Elle a eu la chance d’avoir une amitié hors du commun avec Carrie, un lien très spécial et unique. Le fait d’avoir perdu ce lien en grandissant a fait d’elle une adolescente triste, craintive et solitaire. Je comprends tellement ce par quoi elle est passée, donc je n’ai pu que m’attacher à ce personnage ahah. Dans l’ensemble, je les aies tous bien aimés. Chacun a su me toucher à sa propre manière.

Parmi ses cinq romans publiés en France (sans compter la saga des Filles au chocolat), Les 5 lettres du mot coeur est l’un de ceux qui m’aura le plus ébranlée. Rose Givrée reste peut-être mon préféré, car ce dernier est plus fort et « violent » dans sa continuité. Cependant, Les 5 lettres du mot coeur se défend aussi très bien en abordant un autre sujet sensible et pertinent. La fin du roman m’aura mise la larme à l’oeil et retourner le coeur. C’est une histoire que je ne suis pas prête d’oublier.

Si vous n’avez encore jamais lu un roman de Cathy Cassidy et que vous hésitez à vous jeter à l’eau, voici une nouvelle preuve qu’il faut vraiment se lancer ! Je continuerais à conseiller Rose Givrée pour ceux qui veulent un récit vraiment fort et marquant, mais si vous voulez quelque chose de tout aussi puissant, en plus doux et peut-être avec un sujet plus parlant comparé à l’autre, alors je vous recommanderais celui-ci en premier. Enfin, je vous recommande tous ses livres, mais ces deux-là arrivent en haut de ma liste de préférences ahah !

Roman : « L’aube sera grandiose », Anne-Laure Bondoux

couv18763351

Parution : 2017
Type : Roman jeunesse/contemporain
Genre(s) : drame, suspense
Thèmes : secrets de famille, années 70, flashback, relation mère/fille…
Pages : 296 (Broché, Gallimard jeunesse)

Titania emmène sa fille, Nine, seize ans, dans une mystérieuse cabane au bord d’un lac. Il est temps pour elle de lui dévoiler des événements de sa vie qu’elle lui a cachés jusqu’alors. Nine écoute, suspendue aux paroles de sa mère. Flash-back, anecdotes, personnages flamboyants, récits en eaux troubles, souvenirs souvent drôles et parfois tragiques, bouleversants, fascinants secrets… Peu à peu jaillit un étonnant roman familial, qui va prendre, pour Nine, un nouveau tour au matin..

4 heartsUne fresque familiale très prenante.

>> Tout d’abord, je tiens à féliciter l’autrice d’avoir remporté la toute première édition du Prix Vendredi ! Si vous n’en avez pas entendu parler, sachez que c’est un tout nouveau prix qui récompensera tous les ans (depuis cette année) une oeuvre de la littérature jeunesse/ados francophone destinée aux plus de 13 ans. Et oui, la littérature jeunesse a enfin son petit prestige ahah !

Pour en revenir au roman : j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire. Je n’ai lu que très peu de livres de ce genre (secrets de famille contemporain), donc notez que je pars de zéro et n’ai pas vraiment de point de comparaison. En tout cas, pour la novice  que je suis, ce fut une lecture agréable et entraînante.

J’ai apprécié la construction du récit : on navigue entre passé et présent. On est à la fois avec Titania et Nine (que je n’ai pas pu m’empêcher de m’imaginer avec les traits de Nine Gorman. Sorry but not sorry !) dans cette petite cabane dans les bois, avec autant de questions qui nous taraudent que l’adolescente. Tout comme elle, on est avide de connaître l’histoire de sa mère et d’en savoir toujours davantage. Ces moments sont entrecoupés par des flashback du passé de Titania allant de son enfance à sa vie de jeune adulte. On y découvre la mère de Nine sous un jour nouveau (par rapport à l’image qu’on peut avoir d’elle dans le présent). Cela pourrait être lassant à la longue, mais heureusement le roman n’est pas trop long. On tient aussi le coup parce que, comme Nine, on est pressés de savoir pourquoi Titania raconte tout ça à sa fille. Où veut-elle en venir ? Pourquoi maintenant ? …

Ce qui est beau avec cette histoire, c’est qu’on évolue en même temps que ses personnages. Si la mère et la fille se redécouvrent, le lecteur lui aussi s’en fait une opinion plus pointue. Je n’appréciais pas plus que ça Titania au début et Nine me paraissait un peu exaspérante, mais les deux ont fini par me toucher. Finalement, elles m’auront été attachante et cela m’a fait plaisir de les voir « grandir » ensemble.

L’intrigue n’a pas laissé une trace intarissable dans ma mémoire (il faut dire que cette dernière est très défaillante. Vraiment. Donc ce n’est pas un très bon argument en fait.), mais je me souviens de l’essentiel et de pas mal de détails. Cette lecture m’aura tout de même marquée, sinon j’aurais déjà tout oublié depuis un moment ahah.

L’aube sera grandiose est un récit assez captivant, entraînant et sympathique à suivre. C’est un livre que je prendrais plaisir à relire un de ces jours. Il se lit facilement, n’est pas trop long  et l’histoire est touchante. J’aurais tendance à conseiller ce roman pour une lecture détente, légère, mais avec un minimum de fil conducteur et de suspense. Plus encore si vous aimez les secrets familiaux et les histoires qui naviguent entre présent et passé. Une belle découverte pour moi. Cela aura été mon premier roman de l’autrice. J’ai maintenant envie de la découvrir dans une autre de ses oeuvres.

Pause ciné : « Baby Driver »

380304.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx

Baby Driver
Réalisé par Edgar Wright. Sorti en 2017.
Action – Comédie – Policier
Avec : Ansel Elgort, Kevin Spicey, Lily James, Jon Hamm, Jamie Foxx, Eiza Gonzalez, Jon Bernthal…

Pour s’acquitter d’une dette, Baby, jeune garçon peu loquace, se retrouve forcé à collaborer avec un chef de gang de braqueurs. Il se fait engager en tant que chauffeur. Son truc pour être « le meilleur » dans son domaine ? Il roule au rythme de sa propre playlist, muni de ses écouteurs. À part dans ce monde qui ne lui ressemble pas, Baby se bat pour sortir de l’emprise du milieu. Un jour, il rencontre et tombe amoureux de Debora, serveuse dans un diner, et se dit alors qu’il peut changer de vie. Mais peut-on sortir du monde du crime si aisément ?

5 hearts Un -gros- coup de coeur inattendu !

>> (Nb : film vu en vostfr).

Je n’irais pas par quatre chemins : je me suis prise une claque monumentale avec ce film.

De base, je n’aime pas spécialement les films d’actions (Fast and furious et compagnie, ça m’endort plus qu’autre chose). Une fois de plus, c’est le casting qui m’a donné envie de voir celui-là (ma Lily chérie ♥ + Ansel Elgort quoi !). J’avoue aussi avoir trouvé la bande annonce sympathique, mais je n’attendais pas spécialement grand-chose de Baby Driver… et là… je suis tombée sur un film qui possède une âme, une véritable esthétique et avec un parti pris artistique vachement cool.

Le film avait à peine commencé que je l’ai bien senti direct. Dès le début, on a des plans de caméras rythmés et bien pensés. Ce cadrage si bien soigné apporte vraiment quelque chose en plus. Ajoutez à ça une super bande-son qui, parfois, tombe en rythme avec certaines scènes/gestuelles du film et vous avez un rendu esthétique, plaisant et super dynamique. Tout a un rôle important dans Baby Driver. L’histoire et les acteurs ne sont pas les seuls éléments porteurs du film et c’est ça qui m’a beaucoup plu. C’est vrai que j’ai l’impression qu’on voit moins de films de ce genre de nos jours, à l’heure où le blockbuster domine une bonne partie du marché cinématographique.

Autre point qui m’a plu : les genres sont très bien dosés. L’action n’est pas utilisée à « outrance ». Elle est là quand il faut et sert toujours l’histoire. Ce qui la rend d’autant plus efficace à mon sens. On a aussi une petite dose de comédie et une pincée de romance. Là encore, ce n’est pas utilisé de manière exagérée ou gênante. En fait, aucun des trois « genres » ne vient dominer les autres. Les trois se mélangent et se diluent parfaitement bien ensemble. Cela fait que, quand le film a recours à certains « clichés » des genres, on a  l’impression d’être dans « l’emprunt », voir « l’hommage » plutôt que dans le « cliché » au sens péjoratif. L’esthétisme d’ensemble du film lui confère également une allure très vintage qui m’a beaucoup plu, mais vintage sans le sous-entendu « kitsch » ou ringard qu’on pourrait lui associer. C’est vintage, mais résolument moderne malgré tout d’un point de vue technique et traitement de personnages.

Concernant le casting : rien à redire. J’ai trouvé tous les acteurs au top. J’aurais eu en horreur certains personnages dans n’importe quel autre film (notamment Monica et certains autres gangsters, qui parfois fond vraiment cliché), mais ici le traitement global est tellement réussi que s’est passé comme une bonne part de fondant au chocolat. Je me répète, mais les « clichés » ne sont tellement pas utilisés à outrance que cela ne me les a pas rendu désagréables. Je dirais même qu’ils ont contribués à animer l’histoire, et grandement !

Franchement, on pourrait faire un dossier sur Baby Driver tant il y a de choses à dire dessus. Je ne lui ai même pas trouvé de points négatifs ! J’ai vraiment tout aimé : l’histoire, les personnages, l’esthétisme, la bande-son, les décors, les jeux de caméras… et, surtout, j’ai été captivée du début jusqu’à l’apparition du générique de fin. Et, moi, captivée devant un film d’action… c’est la première fois que ça m’arrive ahah !

Je vous conseille donc grandement ce film qui vaut réellement le coup d’oeil rien que pour la manière dont il a été pensé et filmé. Pour moi, c’est digne d’être un chef-d’oeuvre. Un genre de films qui reste basique tout en étant original, qui ne se résume pas à son scénario et propose un divertissement artistique très complet. Une oeuvre cinématographique comme on en voit maintenant trop peu de nos jours. Et dire qu’il est passé inaperçu. Non, vraiment, ne passez pas à côté ! J’ai tellement envie d’avoir votre avis à son propos ahah.

Livre : « Quand la nuit devient jour », de Sophie Jomain

Sans titre 2Parution : 2016
Type : roman contemporain
Genre : drame
Thèmes : solitude, dépression, euthanasie, famille, psychologie…
Pages : 238 (Broché, Pygmalion)

Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

4 hearts Coup de coeur.

>> J’ai lu ce roman en août, donc il serait temps que j’en parle. J’ai sûrement déjà oublié la moitié des choses que j’aurais à dire à son sujet au vu de ma super mémoire de poisson rouge, donc vous m’excuserez… j’espère. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un livre simple et qu’il est très émouvant.

On nous parle en effet d’euthanasie dans cette histoire. Celle d’une jeune femme qui est tellement mal dans sa vie, dans son être qu’elle ne peut plus supporter le poids de son existence et décide d’aller se faire euthanasier en Belgique. Elle préfère la mort à la vie, voit cela comme une libération. Ses parents tenterons évidemment de la faire changer d’avis (comment pourrait-il en être autrement ?), mais est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Dans ces moments-là, faut-il accepter la décision de ceux qu’on aime ou tout faire pour les sauver ? Le livre n’apporte pas de réponse précise. Chacun peut se faire un avis sur la question. L’euthanasie reste un sujet assez compliqué et tabou en France.

Pour ma part, évidemment j’étais un peu en colère contre l’héroïne. Parce qu’elle doit affliger une immense souffrance à ses proches en prenant cette décision.  J’avais envie de la secouer pour qu’elle se reprenne, d’essayer de la « sauver » moi aussi. Néanmoins, j’ai aussi eu beaucoup de compassion à son égard. Je sais ce que c’est de se sentir déprimée, seule, mal dans sa peau ou au bord du gouffre. J’ai donc pu me représenter ce que l’héroïne pouvait ressentir au fond d’elle-même et j’ai sincèrement eu de la peine, mal au coeur. Moi-même, je voyais presque la mort comme une « libération » au travers son regard. J’avais parfois envie de la soutenir dans sa démarche, pour que son mal s’apaise enfin… Bref, si vous vous sentez confus en lisant ce roman, il n’y a pas de honte à avoir, vraiment. Ce n’est pas un sujet facile et je pense que tout le monde n’est pas capable de se projeter ou comprendre un personnage souffrant d’une si profonde dépression. Difficile quand on n’a pas vécu ce genre de choses nous-mêmes, ou quelque chose de similaire.

Une lecture qui m’aura retournée à laquelle je repense avec tristesse. Mais ne vous méprenez pas ! Pour moi, le pari a été réussi. Si cela me fait cet effet, c’est que j’ai vraiment adoré ce roman ahah ! Je l’ai lu très rapidement, toujours avide de savoir l’évolution et la finalité de l’histoire. Et j’ai été bouleversée par ce récit du début à la fin. Je vous conseille donc « Quand la nuit devient jour », à condition bien-sûr que l’histoire et le sujet abordé au travers pique votre curiosité. Quoique même si ce n’est pas le cas en fait, parce que pour le coup cela peut être une bonne occasion pour découvrir un sujet qui ne vous ait peut-être pas familier et vous projeter dans une situation « inédite ». Attention toutefois, ce n’est pas une lecture facile. Il faut s’y préparer mentalement et savoir faire la part des choses.

Roman : « Mirror Mirror » de Cara Delevingne et Rowan Coleman

images

AUTRICES : Cara Delevingne, avec Rowan Coleman
PARUTION VO/VF : 2017
TYPE : Roman jeunesse (13+/ados)
GENRE(S) : Drame, Polar
THÈMES : Adolescence, famille, amitié, musique, drame, enquête…
PAGES : 356 (Broché, Hachette)

➔ A 16 ans, Red, Leo, Naomi et Rose sont des ados comme tout le monde : ils tentent de savoir qui ils sont dans la jungle du lycée. La vie n’est pas parfaite, mais ils sont unis par leur amour pour la musique et pleins d’espoir quant au futur. Enfin, c’était vrai jusqu’à ce que Naomi disparaisse dans d’étranges circonstances, puis soit retrouvée entre la vie et la mort… Que lui-est-t-il arrivé ? Fugue ? Tentative de suicide ? Pour Red, c’est impossible. Cela ressemblait à l’ancienne Naomi, mais pas à la « nouvelle ». Son amie. Puisque les autorités n’ont pas l’air de se bouger, Red cherchera à découvrir la vérité de son côté avec l’aide d’Ash, la soeur de Naomi. Amis. Amant. Victime. Traître. Que voyez vous quand vous regardez dans le miroir ? 

3.5 heartsUn bon premier roman.

>> Nous la connaissions en tant que mannequin, actrice et chanteuse. Voilà que Cara Delevingne ajoute une corde à son arc en publiant son premier roman, en co-écriture avec Rowan Coleman. J’ai trouvé l’ensemble un peu inégal, mais néanmoins très correct.

Quand j’ai découvert le synopsis (un autre que celui-là), je dois dire que je ne m’attendais pas à lire un polar. Je pensais que cela serait plus… gentillet. Ce fût donc une première bonne surprise. L’intrigue est bien menée dans l’ensemble. Les autrices arrivent bien à nous embrouiller sur plusieurs points, ce qui fait que tout n’est pas si facile à démêler au final. Elles arrivent à créer le doute et à installer une certaine atmosphère de tension et de suspens. On a envie d’arriver au bout de cette histoire et que justice soit faite ! Le seul gros bémol, c’est qu’il faut bien environ 90 pages pour que ça démarre vraiment. Le début est assez long et très, très répétitif. Il faut donc s’accrocher un peu, mais une fois le cap passé cela se lit assez facilement.

Au niveau des personnages, j’ai aimé le fait que chacun d’entre eux aient son histoire et sa personnalité. Ils entrent tous un peu dans des cases, sans être non plus trop clichés. Ils sont bien développés à leur niveau. J’ai beaucoup apprécié Red. Une certaine ambiguïté tourne autour de ce personnage pendant une bonne partie de l’histoire, quelque chose que je n’arrivais pas à saisir. Quand on apprend enfin ce que c’est, j’ai été très surprise. Je ne l’avais pas vu venir, même si cela parait ensuite évident  si on est attentif au texte. Ash m’a également beaucoup plu, et difficile de ne pas s’attacher à Naomi via l’image que ses amis nous renvoient d’elle. J’ai moins aimé Léo, même si j’ai réussi à saisir le personnage. Par contre, Rose… d’accord, il lui est arrivé un truc horrible, mais cela n’excuse en rien son ignoble attitude. Je ne l’apprécie vraiment pas.

Mirror Mirror n’est pas qu’un polar. Il reste dans une lignée jeunesse en nous proposant des réflexions autour de certains thèmes/problèmes d’ados : définition de soi, rapport avec les autres, problèmes familiaux, amour, amitié etc… Cara Delevingne étant encore jeune, on sent qu’elle savait de quoi elle parlait en écrivant ce roman. Il y a un peu d’excessif, mais certains ados le sont parfois, donc ce n’est pas irréaliste pour moi. J’ai particulièrement aimé la sous-intrigue tournant autour de Red et de sa famille. Ce n’était pas innovant, mais néanmoins émouvant et intéressant. L’histoire personnelle de Léo m’a également paru d’une réalité déconcertante, malheureusement. La partie « amitié » est peut-être un peu naïve, mais le but de Cara était de mettre l’accent sur celle-ci pour montrer qu’elle pouvait aider à surmonter les épreuves de la vie et la période de l’âge ingrat plus aisément. Cela qui n’est pas faux.

J’ai donc apprécié ma lecture malgré un long démarrage et reste mi-figue mi-raisin concernant un élément de l’enquête. En dehors de ça, il y a de bonnes idées dans cette histoire, ainsi que de bons personnages plus ou moins attachants selon les affinités que le lecteur va développer avec eux. Mirror Mirror est donc un roman assez sympathique, mêlant le côté sombre et intriguant du polar aux déboires adolescents, le tout saupoudré d’une dose d’espoir et de bons sentiments. C’est une lecture légère dans le ton, mais aussi lourde dans le contenu (il y a quand même une belle dose de glauque). Ce lecture ne me laissera pas de trace particulière, mais j’ai quand même apprécié découvrir cette histoire et la plume de Cara sur le coup. Je le recommande donc, plus particulièrement aux jeunes de 13 à 16 ans à la recherche d’un récit dramatique, sombre, mais aussi touchant et lumineux.  Je ne vous pousserais pas à tout prix vers cette lecture, sans pour autant vous en dissuader. Comme toujours, à vous de voir !